Plan du site

CHRONIQUE DE LIVRE : l’orthorexie, quand manger sain devient obsessionnel

Voici dans cet article une chronique d’un livre “l’orthorexie, quand manger sain devient obsessionnel” que j’ai trouvé fort pertinent et bien construit.

“>

L’auteure, Renée Mac Gregor est diététicienne et nutritionniste spécialisée en sport de haut niveau. Elle accompagne depuis  plus de 10 ans les équipes olympiques et paralympiques du Royaume Uni. Elle est l’auteure de Training food, Votre coach nutrition avant, pendant et après l’entraînement.

Qu’est ce que l’orthorexie ?

De façon succincte, l’orthorexie est le fait de vouloir manger sain exclusivement, comportement qui devient obsessionnel.

A travers cet ouvrage, Renne Mac Gregor, décortique une nouvelle tendance alimentaire, peut être en passe d’être répertoriée par le DSM 5 (manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) comme un nouveau trouble du comportement alimentaire.

Ce comportement alimentaire peut réellement empoisonner des vies dès lors que l’individu qui l’adopte n’a plus le recul suffisant  pour évaluer l’impact de cette conduite sur sa santé. L’individu est emprisonné dans sa conduite et les conséquences de celle ci lui échappent.

La qualité sanitaire de son alimentation devient obsessionnelle et le comportement lié au choix des matières alimentaires devient compulsif : le plaisir de manger disparait, seules comptent les règles alimentaires strictes que l’individu orthorexique s’est fixées.

L’orthorexia nervosa, cette idée de “manger propre” peut être véritablement invalidante et déstructurante pour les personnes qui en souffrent. L’objectif de cet ouvrage est d’expliquer comment manger sain peut mal tourner et comment faire pour lutter contre cela.

Renée Mc Gregor décline ce livre en quatre parties.

Première partie, l’orthorexie , SES causes et Ses symptômes.

Le terme “orthorexie” voit le jour en 1996 lorsqu’un médecin américain, le Dr Steven Bratman observe des patients présentant une obsession de se nourrir sainement : il nomme alors ce comportement “orthorexia nervosa ” autrement dit l’obsession d’une alimentation correcte.

L’auteur, dans un tableau comparatif, décline  les troubles alimentaires suivants : l’anorexie nerveuse, la boulimie nerveuse et l’orthorexie nerveuse, en comparant notamment les grandes tendances pour chaque trouble, l’image du corps associé, les symptômes physiques, et émotionnels. Il en découle que l’orthorexie, n’est pas une unique volonté de manger sain mais traduit une obsession de la recherche de pureté dans la façon de vivre.

Un schéma à bulles traduit les différentes caractéristiques (communes ou isolées) de l’orthorexie corrélées aux TOC et à l’anorexie.

Les causes de l’orthorexie

Elle dénonce le concept “trop d’information tue l’information” : en fait, l’information mal utilisée ou mal interprétée par l’individu qui la reçoit peut être hautement nuisible. Or, de nos jours, la compétition dans la presse est ardue : quel journal va sortir le meilleur régime express? quel promet tel ou tel résultat en moins de X jours, pour être la plus belle en maillot de bain, le plus musclé ? Ceci n’est même pas caricatural… Et c’est bien dommageable. Ainsi, savoir trier l’information, surtout à cette époque d’explosion des réseaux sociaux,  pour ne pas subir la désinformation reste crucial. Les personnes vulnérables sur le plan psychologique et /ou somatique sont des cibles faciles pour ces vendeurs de rêve. Ces personnes doivent donc impérativement être suivies sur le plan médical et /ou psychothérapeutique, ce qui, lors de maladies “psychologiques”, demande parfois plusieurs années.

Les individus qui dérivent vers un comportement orthorexique ont souvent pour objectif le perfectionnement d’eux mêmes, par la qualité de leur alimentation : il s’agit d’un facteur sous jacent fondamental. Il est plutôt bien, me direz vous, d’être à la recherche de perfectionnement de soi même : toutefois, lorsque cet objectif est celui de personnes ayant peu d’estime d’elles mêmes, de confiance en elles, ayant un besoin excessif d’être parfaites, ou un manque d’auto compassion, le comportement alimentaire devient alors souvent source de stress, d’anxiété et le cercle vicieux s’installe.

les symptômes de l’orthorexie

Le fait de se cacher derrière une allergie alimentaire, pourtant non diagnostiquée est commun chez les individus orthorexiques. Une intolérance ou une allergie alimentaire reste un diagnostic médical.

Des individus souffrant de TOC (troubles obsessionnels compulsifs) sont plus susceptibles d’être atteints d’orthorexie. Cela s’explique notamment par un besoin de contrôle permanent sur tout et n’importe quoi, qui leur donne l’illusion d’avoir le contrôle de leur vie.

Les individus orthorexiques peuvent avoir des rituels particuliers en lien avec la nourriture, refuser de manger les repas concoctés par quelqu’un d’autre, refuser les invitations qui impliquent la prise de repas. Ces personnes expriment parfois des remords d’avoir transgressé les règles, éprouvent un sentiment de culpabilité.

Pour déjouer les pièges de la désinformation, de l’injonction perpétuelle via internet, via la presse,  des mythes de “manger propre”, chacun doit trouver ses propres ressources dans lesquelles puiser, et déterminer ses besoins spécifiques. Nous sommes tous des funambules en équilibre, mais chacun son fil, chacun son pas, sa hauteur…

Deuxième partie : régime et nutrition, les fausses promesses de l’orthorexie

En théorie, Manger est naturel et ne doit pas être une source de privation, ni suivre des règles strictes. Cela devrait être ainsi donc en pratique, pour tous.

Si des changements nutritionnels sont instaurés, ils sont supposés être durables, positifs et améliorer la santé de l’individu. C’est lorsque ces changements deviennent obsessionnels ou contraignants qu’ils enferment l’individu dans un trouble de l’alimentation sous-tendu par une fausse promesse.

De par sa résilience, le corps soumis à certaines privations va s’adapter pour continuer à fonctionner. L’Orthorexie est un trouble alimentaire difficile à repérer tant que la situation n’est pas devenue extrême.

Les besoins nutritionnels du corps

Il y a 11 systèmes principaux dans le corps, et chacun d’entre eux nécessite une nutrition optimale et équilibrée pour son fonctionnement, faisant en général appel à toute la diversité des macros nutriments et ainsi à toutes les familles d’aliments.

Le système circulatoire et cardio-vasculaire, le système digestif, le système endocrinien, le système exocrine, le système immunitaire, le système musculo – squelettique,  le système nerveux, le système rénal, le système reproducteur, le système respiratoire, le système sensoriel. Tous ces systèmes ont besoin d’hydrates de carbone, de protéines, de graisses comme macro nutriments.

Ils ont aussi besoin de micro nutriments : Fer, calcium, potassium, zinc, vitamines, D C B….

une kyrielle de régimes

L’auteur décline ensuite les régimes pauvres en glucides , en graisses, pauvres en produit laitier , riches en protéines, pauvres en gluten, sans sucres… : elle explique quelles sont les promesses de chaque régime, puis élabore une critique constructive en déterminant quelles sont les assertions vraies et celles qui relèvent de l’imposture.

Elle analyse également quelles sont les quantités recommandées dans chaque famille de macro nutriments.

Ce cortège de régimes, qui fait en permanence les gros titres des magazines afin de vendre du rêve peut donc s’avérer toxique ; seul un médecin nutritionniste, un diététicien ou autre professionnel de santé (gastro-entérologue, endocrinologue…) peut dans l’absolu  indiquer individuellement si quelqu’un a besoin de tel ou tel “régime”.

Troisième partie,  comment se libérer de l’Orthorexie.

Premièrement il est important de rappeler que seuls les professionnels de santé peuvent établir un diagnostic de maladie de Crohn, d’intolérance au gluten,…

Deuxièmement, Internet si merveilleux soit-il est le lieu d’une abondance en informations mais aussi de désinformation.

En effet personne ne régule qui “poste” quoi, et qui prétend être un expert dans son domaine.

L’auteur retient le principe de la modération, et surtout elle l’explique.

Aucune nourriture ne doit être diabolisée!

De surcroît, l’équilibre alimentaire dépend de l’activité physique de l’individu : modérée, sédentaire ou très actif.

Si l’individu ne sait plus se repérer au milieu de toutes ces “injonctions” nutritionnelles, il doit faire appel à un diététicien, ou un médecin nutritionniste qui établira de façon personnalisée le meilleur régime alimentaire.

Manger sainement est finalement une affaire d’équilibre nutritionnel, à atteindre sur une certaine durée et non pas sur une journée.

Il est important aussi de s’écouter, de respecter ses goûts et de prendre plaisir à composer de nouvelles assiettes, la nourriture devant être considérée comme un ami, et/ou comme un art (Alexia Savey en témoigne dans sa demande aux grands chefs de l’aider à combattre sa maladie).

Il est urgent d’écouter son corps et de faire confiance à cette capacité innée que nous avons tous de réclamer une nourriture spécifique quand quelque chose nous fait défaut. Il est important de relâcher les règles et prendre confiance en soi pour échapper à l’Orthorexie.

Prendre soin de son esprit et faire preuve d’auto compassion sont des capacités fondamentales à développer, à travailler chez l’individu orthorexique.

L’exercice physique pratiqué de façon adaptée permettra également d’équilibrer le corps et l’esprit (relâchement du corps et des tensions, régulation et évacuation du stress par la production d’endorphines naturelles…) .

Quatrième partie : comment croquer la vie à pleines dents

Si vous pensez être atteint d’orthorexie, il est conseillé de :

– s’entourer de professionnels compétents avec lesquels instaurer une relation de confiance : médecins en cas de troubles somatiques, spécialistes de la nutrition (diététicien, médecin nutritionniste, experts de la santé mentale (psychothérapeute psychologue psychiatre). Renée Mc Gregor détaille comment choisir ses thérapeutes.

-prendre de la distance avec les réseaux sociaux (savoir qu’une méthode qui marche pour l’un ou l’une peut ne pas fonctionner pour un/e autre voire être contre indiquée), de pratiquer le yoga et/ou la méditation

accepter les divers plaisirs de la vie, notamment celui de manger mais pas uniquement (apprécier trois choses simples par jour : concept à rapprocher de la méditation de pleine conscience), ne pas viser la perfection en permanence ce qui est impossible et dès lors cause de la frustration et du déplaisir!

Renée Mc Gregor émet le souhait d’accroître la prise de conscience collective concernant l’orthorexie : l’orthorexie existe probablement depuis longtemps mais est mal documentée et peu connue ; pourtant, elle peut être un trouble grave menant parfois à d’autres TCA, et gagne à être mieux connue et dépistée.

remarque : Une grille d’évaluation (ORTO-15) existe pour diagnostiquer l’orthorexie mais est sujette à controverses (échantillonnage, fiabilité des réponses…)

J’espère que cette chronique vous a plu et vous incitera à lire cet ouvrage fort enrichissant !

une clé de lutte de contre l’anorexie mentale : modifier ses habitudes

Quatre vingt dix neuf (99 %) de nos actions reposent sur des habitudes !

Et lorsqu’elles sont mauvaises, cela pose réellement un problème, notamment concernant des personnes atteintes d’anorexie mentale ; ces individus sont parfois, voire même souvent très résistants au changement : la maladie elle même contribue à cette résistance car elle agit comme une “drogue”. Or pour combattre la maladie, il est nécessaire d’introduire de petits changements, tous les jours, pour avancer ainsi pas à pas vers la guérison.

 

Qu’est ce que l’habitude?

Voyez comment René François Sully Prudhomme décortique l’habitude à travers ce poème.

Comment s’insinuent nos habitudes dans notre quotidien ?

 

L’habitude est une étrangère

Qui supplante en nous la raison : 

C’est une ancienne ménagère

Qui s’installe dans la maison.

 

Elle est discrète, humble, fidèle,

Familière avec tous les coins ; 

On ne s’occupe jamais d’elle,

car elle a d’invisibles soins : 

 

Elle conduit les pieds de l’homme,

Sait le chemin qu’il eût choisi,

Connaît son but sans qu’il le nomme

Et lui dit tout bas : “par ici”.

 

Travaillant pour nous en silence,

D’un geste sûr, toujours pareil,

Elle a l’oeil de la vigilance, 

Les lèvres douces du sommeil.

 

Mais imprudent qui s’abandonne

A son joug une fois porté!

Cette vieille au pas monotone

Endort la jeune liberté ; 

 

Et toux ceux que sa force obscure

A gagnés insensiblement

Sont des hommes par la figure, 

Des choses par le mouvement.

 

Pourquoi pose-t-elle problème?

On peut donc voir que l’habitude est sournoise, elle s’insinue dans nos vies sans forcément faire grand bruit, et lorsqu’il s’agit de perfectionnisme, de mésestime de soi, de restriction alimentaire, d’hyperactivité physique,  ces habitudes contribuent à l’installation d’abord de comportements alimentaires déviants (ou troubles du comportement alimentaire) qui mènent parfois à une maladie psychosomatique grave, l’anorexie mentale.

Alors, pourquoi est- il si difficile de changer nos habitudes?

Comment changer de façon pérenne et dans de bonnes conditions?

Craignez vous le changement et pourquoi?

 

Autant de questions auxquelles il est intéressant de réfléchir puis de répondre, surtout lors de troubles du comportement alimentaire. Souvenez vous, lors des présidentielles de 2012, un slogan phare pour redresser la situation française de notre ancien président de la République était : “le changement, c’est maintenant !”

Chaque individu souffrant de TCA devra trouver sa  ou ses réponses afin d’instaurer des changements progressifs et durables et s’extirper du joug de la maladie.

 

Selon Christophe André, “c’est parfois un miracle de changer ses habitudes dans sa vie, tellement il y a d’obstacles ou de freins”.

Effectivement selon James Teboul, le changement est difficile car il faut changer les habitudes et le cerveau n’aime pas le changement ; il va changer par glissements successifs, tout doucement, car le cerveau n’aime pas la révolution. Ce sont des données récentes prouvées par les neurosciences.

Ceci explique pourquoi la prise en charge des  individus souffrant d’anorexie mentale  (dont les comportements  sont devenus chroniques) est plus délicate et le pronostic plus réservé.

Si les troubles du comportement alimentaires sont ancrés dans le quotidien depuis des années, de nombreux patients en souffrance chronique pensent qu’ils ne pourront jamais s’en défaire, qu’ils devront vivre avec.

 

Et pourtant, il est bel et bien possible de contrer cette maladie, de nombreuses personnes en témoignent, comme par exemple, Nicole Desportes, dans son livre “Voyage jusqu’au bout de la vie“, qui s’en est sortie au bout de 25 ans d’anorexie.

Barbara Leblanc, évoque aussi son combat dans son livre “Dix ans de chaos“.

Alexia Savey, jeune et brillante auteure, toujours dans le combat, publie un recueil extrêmement touchant de cette lutte acharnée dans “la faim du petit poids“.

 

Christophe André explique que, dans son métier de psychiatre, le changement des habitudes constitue le coeur des attentes des personnes qui viennent en consultation, et cela leur est très difficile.

 

Comment changer les habitudes des personnes souffrant de TCA et notamment d’anorexie ?

La clé du succès est la méthode des petits pas, il faudra vraiment une progression très lente.

Si vous changez de 1% par jour, au bout de deux mois, vous vous serez amélioré de 60 %.

 

La première étape est de clarifier ses attentes, c’est à dire de définir très précisément  ses objectifs en les couchant sur le papier. Quels pourraient être ces objectifs, concrètement ?

  • Chez les individus souffrant d’anorexie mentale, la première et meilleure des décisions est de se faire accompagner par une équipe médicale pluridisciplinaire formée dans les TCA.

 

  • Le objectif consiste à prendre soin de soi (care giving) comme le ferait une mère bienveillante avec son petit. Voyez plutôt:

 

On peut décliner le soin de soi en : soins du corps, soin du psychisme, des émotions. De nombreuses disciplines permettent de procurer ces soins, alliant parfois soins du psychisme et du corps en même temps : yoga, relaxation, méditation, sophrologie, massages, psychomotricité.. la liste peut être très longue.

  • La personne malade doit développer de l’auto bienveillance, de l’auto compassion ; elle peut pratiquer le monologue positif. Il est important que le malade apprenne l’acceptation, de soi, de son corps, de ses émotions, de sa maladie. L’analyse de ses émotions, qui peuvent mener à des pensées négatives et/ou erronées est cruciale, et permettra de prendre de la distance, du recul via à vis des émotions négatives et d’être moins submergé par elles. Une psychothérapie, notamment les approches cognitivo comportementales peuvent être utilisées pour parvenir à cela.

 

  • Chaque personne souffrant d’anorexie doit chercher à déterrer les traumatismes de l’enfance, de l’adolescence, ou de l’âge adulte en utilisant la psychothérapie, l’hypnose, l’EMDR, … et pourra panser ainsi ses plaies.

 

  • il est important de supprimer la balance et la pesée (s’en remettre pour cela au corps médical avec des intervalles raisonnables), et supprimer le comptage des calories.

 

  • se réapproprier de bonnes habitudes alimentaires, que ce soit en quantité et en qualité par rapport à ses propres besoins (croissance, activité physique…) : pour cela, se rapprocher d’un diététicien spécialiste en TCA, ou d’un médecin nutritionniste.

L’idéal est de réapprendre à se nourrir en dehors de l’hôpital, c’est à dire en ambulatoire, excepté lorsque les individus anorexiques sont dénutris et ne parviennent plus du tout à manger : dans ce cas, une hospitalisation s’avère nécessaire ainsi que la pose d’une sonde d’alimentation, sur décision de l’équipe médicale.

Lorsque l’individu est très “frugal” et/ou peu motivé dans la préparation des repas, il peut s’aider efficacement des compléments alimentaires liquides (type Fresubin, Delical…) qui seront faciles à digérer et limiteront l’inconfort digestif ; ces compléments représentent un filet de sécurité le temps que l’individu reprenne une alimentation plus traditionnelle et diversifiée.

Enfin, réapprendre le plaisir de manger, en jouant sur les couleurs, les accords de saveurs. Alexia Savey est une pionnière dans l’art de solliciter les grands chefs cuisiniers : elle leur a lancé le défi de lui concocter des petits plats qui pourraient séduire ses papilles endormies afin de lutter contre sa maladie. Petite mise en appétit en observant quelques plats de chefs :

 

                                                         

 

Une fois cette liste d’objectifs définie et personnalisée, l’individu malade a besoin de…….

Mettre en application au quotidien par la méthode des petits pas !

Les idées c’est bien, les appliquer c’est mieux!

Beaucoup de malades se plaignent de la difficulté à mettre en oeuvre ce qu’ils voudraient accomplir pour guérir. C’est légitime car l’anorexie une fois ancrée est une maladie. C’est pourquoi il ne faut pas cheminer seul mais accompagné médicalement, psychologiquement, et socialement (amis, famille, ceux qui comprennent la maladie et apportent un soutien enveloppant et non jugeant car le contraire fait plus de dégâts).

Une fois intégrée la nécessité du changement des habitudes quotidiennes, la réalisation d’un agenda quotidien permet de noter ses objectifs, chaque jour, en nombre raisonnable (trois par exemple) et atteignables (on ne gravit pas le Mont Blanc en une heure!). Les personnes manuelles préférons le papier, la plume, les couleurs ; d’autres, plus “geeks” pourront utiliser leur smartphone avec l’application Habitica, qui leur servira de véritable coach au quotidien.

Règle d’or numéro un :  si l’objectif choisi comme réalisable n’est pas atteint dans le temps voulu, la personne atteinte de TCA ne doit pas se flageller pour cela! Elle doit se souvenir de pratiquer l’auto compassion, l’autobienveillance et remettre la partie non accomplie au lendemain, et ceci tant que l’objectif ne sera pas atteint.

Deuxième règle d’or, chaque palier d’objectifs franchis doit amener à célébrer une victoire, victoire sur soi (ses démons), victoire sur la maladie. S’accorder des plaisirs sains et partagés renforcent la motivation de poursuivre dans cette voie !

 

 

En conclusion, on constate  combien le changement des habitudes est important pour se sortir de cette maladie, et que ce changement a un “coût” : en effet, le changement est perçu comme une menace à la routine et à la sécurité (données des neurosciences, en rapport avec l’évolution) : mais lorsque la maladie prend le dessus, l’individu est bien loin d’être en sécurité.

Et tout ce qui est perçu comme une menace à la routine et à la sécurité provoque une résistance émotionnelle.

Chaque malade, une fois convaincu de la nécessité du changement, pourra définir ses propres objectifs (atteignables et réalistes), utiliser la technique des petits pas chaque jour pour s’en rapprocher progressivement et s’entourer d’une équipe médicale compétente en TCA qui pourra l’aider à mettre en oeuvre ces changements et croquer la  vie sans TCA !

Dépasser l’utopie, vers une symbiose thérapeute/co-thérapeute ?

Je défends ardemment dans mes derniers articles la position de Solange Cook Darzens, docteur en psychologie et thérapeute familiale (hôpital Robert Debré, Paris) : elle prône une collaboration étroite entre thérapeutes et parents : ces derniers sont intégrés dans la thérapie en tant que co-thérapeutes dans l’intérêt premier du malade. On redonne à la famille un rôle clé et un sentiment de compétence.

En effet, selon le Dr Cook Darzens, les familles ne doivent pas être tenues à l’écart de la prise en charge par les professionnels mais être partie prenante, accompagnées, déculpabilisées et valorisées.

 

 

Dans cet article,  je vois cette collaboration étroite entre l’équipe médicale et les parents comme une symbiose.

 

Qu’est ce qu’une symbiose?

Une symbiose est, selon la définition du Larousse, une association étroite de deux ou plusieurs organismes différents (on y verra dans ce cas une association entre deux ou plusieurs humains), mutuellement bénéfique, voire dans certains cas indispensable à leur survie. La symbiose est fréquente entre les micro-organismes [symbiotes] et des plantes ou des animaux.

Sur un  plan émotionnel, il s’agit d’une relation marquée par une union très étroite et très harmonieuse.

 

Allez, une magnifique métaphore, en image :

file-30

(issue du magazine Okapi 10-15 ans, septembre 2018)

 

Vous pouvez observer un poisson à l’intérieur d’une méduse : il ne semble pas souffrir des propriétés urticantes de la méduse, et celle ci lui garantit abri et protection contre d’éventuels prédateurs. Lorsque le poisson sera plus grand, il délaissera la méduse.

 

Quelles analogies cette image peut-elle nous laisser imaginer?

Plusieurs scénarii, selon votre imagination, sont possibles ! En voici un :

  • Ce que l’équipe soignante apporte à la famille :

  • L’équipe soignante, à l’image faussement urticante pour certaines familles, n’est pas là pour juger une famille dysfonctionnelle, psychosomatique ou anorexigène comme ce fut le cas il y a quelques années. Les équipes bien formées, possèdent ces tentacules enveloppantes, visant à accompagner la famille avec tact et bienveillance, afin d’extraire par le dialogue, puis de mobiliser, les compétences familiales contribuant à la guérison.
  • La famille, représentée par le poisson, pourra construire un partenariat solide, une alliance thérapeutique, qui lui permettra, petit à petit de vaincre les dysfonctionnements familiaux installés et amplifiés suite à la crise anorexique.
  • Ainsi, la collaboration famille/thérapeute se révèle être une des pierres angulaires de la prise en charge thérapeutique du patient anorexique. Et pour preuve, c’est bien la collaboration, la coopération qui a fait de l’homo sapiens sapiens l’espèce “souveraine” sur notre planète, comme en témoigne le brillant auteur Yuval Noah Harari dans son ouvrage Homo Deus.

 

           Les détracteurs de cette idée de collaboration argueront que la famille n’est pas le thérapeute du malade. Et cela est fort regrettable. En effet, lorsqu’elle est guidée et aiguillée par une équipe médicale à l’écoute et compétente en thérapie familiale, l’immense majorité des familles recèle des forces insoupçonnées permettant de contribuer à la guérison de la maladie d’un de ses membres.

 

Afin de rebondir positivement sur le partenariat en bonne intelligence, on peut constater que certains hôpitaux  en Europe (Maudsley hospital, Londres, voir le documentaire Chère Anorexie) proposent des modules de formation dans la gestion de l’anorexie mentale communs  aux infirmiers et aux parents, tant leurs besoins et objectifs sont jugés proches : tous veulent la prise en charge efficace et la guérison de l’individu souffrant d’anorexie ! Un projet utilisant la participation active d’anciens malades semble en cours au CHU d’Angers.

 

Et qu’apporte le poisson à la méduse? En d’autres termes, qu’apporte la famille à l’équipe soignante?

Chaque famille tente de mobiliser, comme elle peut, les ressources afin de faire face à la maladie ; cela s’appelle le “coping”. L’harmonie familiale est fortement ébranlée par la maladie de l’un de ses membres ; le “coping” peut être inadapté ou maladroit mais grâce à la bienveillance et l’encadrement professionnel d’une équipe bien formée en TCA, la famille peut identifier efficacement ses compétences et ainsi devenir co-thérapeute efficient, et n’est plus seulement un co-patient.

 

En plus de votre TCA, souffrez vous de phobie scolaire?

Quand un enfant, assez souvent bon élève, ne PEUT plus aller à l’école, quelles sont les raisons de ce blocage ?

Quelles sont les solutions ?

Comment faire face à cette situation de détresse familiale quand une phobie scolaire se déclare ?

Il y aurait  1 à 5% des enfants (plutôt des adolescents)  concernés par la phobie scolaire !

Dans CETTE EMISSION parue le 7 septembre 2017, Pascal Praud, journaliste, reçoit notamment Luc Mathis, président de l’Association Phobie Scolaire : ce dernier fait un travail remarquable dans l’accompagnement des familles.

A retenir :
« Ce n’est pas vraiment de la phobie et ce n’est pas uniquement scolaire » Luc Mathis

 

 

Parmi les facteurs déclenchants d’une phobie scolaire, on relèvera :
– un manque d’estime de soi chez l’enfant,
– des situations de harcèlement (autres enfants, un professeur),
– la peur panique des notes,
– une forme ou une autre de précocité intellectuelle (surdoué, hpi= haut potentiel intellectuel),
– le décès d’un proche,
– une situation familiale difficile,
– une mauvaise prise en charge à l’école,
– des troubles de l’apprentissage (dyslexie…),
– une pression familiale très forte autour de la réussite scolaire,
– une fragilité de l’enfant liée à l’anxiété,
– etc.

 

On retrouve dans cette émission une intervenante incontournable dans les TCA, pédopsychiatre à l’hôpital Robert Debré : Marie France Le Heuzey ! dont j’ai souvent parlé dans mes  articles précédents

 

Pour aller sur le site de l’association Phobie scolaire, cliquez ici.

 

Si vous pensez souffrir de phobie scolaire, rapprochez vous de votre médecin et de votre (pédo)psychiatre.

 

 

Où trouver de l’aide?

En cliquant sur la page de la FFAB Fédération Française Anorexie Boulimie, vous trouverez de l’aide, à savoir :

  • une permanence téléphonique (0 810 037 037,                 0.06 euro/minute + prix appel) du lundi au vendredi, de 16 à 18 heures et
  •  l’annuaire des spécialistes en TCA référencé par l’AFDAS TCA.
  • des articles pour comprendre l’anorexie et la boulimie

En cas de mal être profond, ne restez pas seul !

 

“Les familles face à l’anorexie” par Solange Cook Darzens

Dossier ” anorexie, boulimie : prévenir, éduquer, soigner “

Solange Cook-Darzens
Docteur en psychologie, thérapeute familiale,
service de psychopathologie de l’enfant et
de l’adolescent, hôpital Robert-Debré, Paris.

Les familles face à l’anorexie

L’anorexie est la résultante de facteurs multiples, pourtant les familles sont encore parfois tenues pour responsables de la pathologie de leur enfant. Les familles ne doivent pas être tenues à l’écart de la prise en charge par les professionnels mais être partie prenante, accompagnées, déculpabilisées et valorisées. État des lieux des connaissances et conseils aux professionnels.

Dès l’identification de l’anorexie mentale, au XIXe siècle, les parents ont été jugés responsables de cette maladie chez leur fille adolescente, et le XXe siècle a vu émerger des théories dont la caractéristique essentielle est de véhiculer une vision pathologique de la famille ou de certains de ses membres. Les mères, puis les pères, puis les familles entières ont ainsi été successivement impliqués dans la survenue des troubles du comportement alimentaire (TCA). Ce ” folklore professionnel “, comme certains psychiatres anglo-saxons l’appellent, s’est autorenforcé au fil des décennies pour déboucher sur un certain nombre de pratiques thérapeutiques consistant soit à tenir la famille à l’écart de la jeune patiente (hospitalisation assortie d’une séparation du milieu familial), soit à l’impliquer dans un travail familial destiné à réparer ses défaillances (thérapie familiale). Ces pratiques entraient malheureusement en résonance avec le doute et la culpabilité des familles, renforçant une atmosphère d’inquiétude et d’incompétence peu propice à la mobilisation des ressources de la famille.

Quelle responsabilité familiale ?

Au cours des quatre dernières décennies, de nombreux cliniciens ont avancé l’existence de perturbations ou particularités familiales censées favoriser l’émergence des TCA. Par exemple, on a longtemps pensé que la famille d’une anorexique présentait une structure particulière, caractérisée par un niveau socio-économique élevé, des parents plus âgés que la moyenne, un taux de divorce faible comparé à la population générale et une prépondérance du nombre de filles dans la fratrie. Certains cliniciens d’orientation psychodynamique ont émis l’hypothèse de relations précoces défaillantes entre la mère et la future patiente, qui encourageraient précocement l’enfant à satisfaire les besoins de sa mère au détriment des siens propres (1). Enfin, certains pionniers de la thérapie familiale, notamment S. Minuchin (2) et M. Selvini-Palazzoli (3), ont affirmé, dès les années 1960-1970, l’existence d’une famille dite psychosomatique ou anorexigène, marquée par l’enchevêtrement relationnel, la surprotection, la rigidité, l’évitement du conflit et une tendance à impliquer la future patiente dans des conflits conjugaux latents. Le symptôme alimentaire permettrait de détourner l’attention familiale de cette mésentente parentale et de maintenir le consensus, protégeant ainsi la famille de tout changement ou de toute séparation. De nombreux thérapeutes familiaux ont adopté cette conception des familles d’anorexiques et proposé un travail familial visant à modifier ces transactions pathogènes.
Depuis les années 1980, les travaux scientifiques qui ont cherché à vérifier l’existence de ces particularités familiales n’ont pas pu les confirmer (4). Les familles d’anorexiques se caractérisent par une grande diversité de fonctionnements, souvent non pathologiques, même si elles tendent à montrer plus d’insatisfaction et de détresse que les familles dites normales (5). En revanche, il a été démontré que la qualité du fonctionnement familial est un facteur de guérison non négligeable et que la manière dont la famille réagit à l’anorexie après sa survenue influence beaucoup l’évolution de la maladie (6). La notion de cause familiale doit donc être remplacée par celle, plus nuancée, de facteurs familiaux de risque ou de protection, de maintien ou d’amélioration, dans un continuum de fonctionnement allant d’optimal à très perturbé. La plupart des familles se situent vraisemblablement au milieu de ce continuum (ni exceptionnelles ni délétères), avec des dysfonctionnements inévitablement amplifiés par la crise de l’anorexie mais aussi avec des compétences pouvant contribuer à la guérison. Ce sont ces ressources que l’accompagnement familial doit chercher à mobiliser, tout en aidant les familles à résoudre les dysfonctionnements risquant de pérenniser ou d’aggraver le trouble.

Familles et thérapies

La thérapie familiale a très tôt été identifiée comme étant particulièrement efficace dans le traitement de l’anorexie mentale de l’adolescent et de l’enfant (7). Il est actuellement établi que la famille, y compris la fratrie, doit toujours être impliquée dans la prise en charge du jeune anorexique (8). Il ne s’agit plus de rechercher un problème familial à réparer mais au contraire de construire un partenariat solide avec la famille, qui lui donne un rôle de ” cothérapeute ” plutôt que de ” copatiente “.
En s’appuyant sur cette alliance thérapeutique, il est important d’aider la famille à re-trouver un sentiment de compétence et d’efficacité, souvent mis à mal par les symptômes alimentaires et les conflits qu’ils génèrent. Qu’est-ce qu’une famille compétente ? C’est une famille cohésive et structurée, empathique vis-à-vis de l’adolescente, ouverte au changement et à la remise en question. Les parents doivent être informés sur le trouble, ses causes, ses répercussions et ses mécanismes essentiels. Ils doivent également comprendre l’idée que l’anorexie représente pour leur fille une solution, certes inadéquate et dangereuse, mais une solution quand même, à un grand mal-être psychologique et relationnel qui, pour diverses raisons, n’a pas pu s’exprimer autrement. Cette vision les aidera à mieux accepter le refus et le déni inhérents à l’anorexie mentale : refus de nourriture, refus de reconnaître la maladie, déni de la maigreur, et refus d’aide et de soins. Les parents doivent également former une équipe solide qui s’implique dans la résolution des symptômes alimentaires sous des formes variant selon l’âge et les besoins de leur fille. Ils doivent apprendre à ne pas se rendre complices de certains comportements symptomatiques : la tyrannie alimentaire (” Je ne mangerai de féculents que si ma mère en mange “), l’achat de yaourts à 0 %, les promenades forcenées à 11 heures du soir, etc. Enfin, ils doivent développer dans la durée un positionnement patient, confiant et empathique vis-à-vis des difficultés de leur fille, tout en restant attentifs aux besoins des
autres membres de la famille. Tout cela ne s’invente pas, même si certaines familles ont plus de facilité que d’autres à adopter cette posture dans la durée.

Quelques repères

Les équipes scolaires peuvent être les premières à repérer les signes avant-coureurs du trouble. Il est important qu’elles fassent part de leurs observations à la famille en évitant d’être critiques ou de rechercher des défaillances familiales. L’enseignant devra rester dans son rôle professionnel et éviter de devenir le thérapeute de l’enfant.

Il est important que les professionnels concernés ne se mettent pas en concurrence avec la famille et ne cherchent pas à démontrer à la famille qu'” ils vont réussir là où la famille a échoué “. Cela est particulièrement vrai dans les relations avec les équipes scolaires et hospitalières (infirmières, médecins scolaires, professeurs, équipes de soins, etc.).

Dans la mesure du possible, les professionnels de santé doivent écouter la culpabilité, l’impuissance, le sentiment d’échec, mais aussi l’agressivité et le déni des familles et du/de la jeune anorexique, et soutenir tout mouvement permettant d’apaiser ce vécu difficile. Écoute et soutien favoriseront la construction d’une prise en charge appropriée sans perte de temps, une mobilisation des compétences familiales et une meilleure empathie de la famille vis-à-vis des difficultés de la patiente.

Les professionnels de la santé et de l’éducation doivent être suffisamment informés sur la maladie, son étiologie, son devenir, et le rôle que peut jouer la famille dans l’amélioration des troubles, pour pouvoir partager ces informations avec la famille et ainsi contribuer à une vision plus commune et déculpabilisée des processus anorexiques. Ce type de guidance psychoéducative redynamise la famille et aide à créer une alliance thérapeutique de qualité (9).

Les processus impliqués dans l’anorexie et sa guérison sont complexes et plurifactoriels. Ils nécessitent une équipe pluridisciplinaire pour y faire face, et la famille doit faire partie de cette équipe.

Dans la mesure du possible, les professionnels impliqués doivent encourager la famille à engager un travail familial avec un thérapeute familial ayant l’expérience des TCA et s’appuyant sur des modèles de thérapie familiale visant à mobiliser la famille en tant que facteur d’amélioration (10).

Si la jeune fille a été hospitalisée pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois, le retour à une vie normale génère souvent de nombreuses angoisses. Une bonne collaboration entre la famille, l’équipe soignante et l’équipe scolaire permet de préparer le retour à l’école et aide la jeune fille à gérer ou résoudre des craintes souvent très fortes concernant le regard des autres, sa réintégration sociale, son rattrapage scolaire et son retour à la cantine. Les enseignants doivent également savoir que le chemin vers la guérison passe souvent par une diminution des tendances perfectionnistes, notamment dans le travail scolaire.
Nous devons garder à l’esprit que l’anorexie, une maladie grave dont l’évolution se fait souvent dans la durée, malmène fortement les forces vives de la famille y compris de la fratrie, paralyse les trajectoires familiale et individuelles et imprime à la famille une identité morbide, au détriment de processus plus sains, souples et ouverts au changement. Quelle que soit la qualité de vie familiale avant l’anorexie, il est impossible pour une famille de vivre l’anorexie au quotidien sans en être perturbée. Les risques de cercles vicieux relationnels et de découragement sont infinis. L’accompagnement familial est une nécessité, que ce soit sous forme de thérapie familiale, de groupes multifamiliaux en milieu associatif ou hospitalier (11), de psychoéducation parentale ou de rencontres informelles entre professionnels et familles.

Références bibliographiques
(1) Bruch H. Les yeux et le ventre : L’obèse,
l’anorexique. Paris : Payot, 1975 : 446 p.

(2) Minuchin S., Rosman B.L., Baker L. Psychosomatic families: Anorexia nervosa in context. Cambridge: Harvard university press, 1978.

(3) Selvini-Palazzoli M. Self-starvation: From the intrapsychic to the transpersonal approach to anorexia nervosa. New York: Jason Aronson, 1978.

(4) Eisler I. Family models of eating disorders. In: Szmukler G., Dare C., Treasure J. (sous la dir.). Handbook of eating disorders: Theory, treatment and research. New York: Wiley, 1995.

(5) Cook-Darzens S., Doyen C., Falissard B., Mouren M.-C., Self-perceived family functioning in 40 French families of anorexic adolescents: Implications for therapy. European Eating Disorders Review 2005; 13: 223-36.

(6) Strober M., Freeman R., Morrell W. The long-term course of severe anorexia nervosa in adolescents: Survival analysis of recovery, relapse, and outcome predictors over 10-15 years in a prospective study. Int J of Eat Disord. 1997 ; 22(4) : 339-60.

(7) Russell G.F., Szmukler G.I., Dare C., Eisler I. An evaluation of family therapy in anorexia nervosa and bulimia nervosa. Arch Gen Psychiatry 1987 ; 44(12) : 1047-56.

(8) Nice. Eating disorders: Core interventions in the treatment and management of anorexia nervosa, bulimia nervosa and related eating disorders. Londres: National Institute of Clinical Excellence, 2004.

(9) Doyen C., Cook-Darzens S. Anorexie, boulimie : vous pouvez aider votre enfant. Paris : Dunod-Interéditions, coll. Vivre sa vie, 2004 : 264 p.

(10) Cook-Darzens S. Thérapie familiale de l’adolescent anorexique. Approche systémique intégrée. Paris : Dunod, coll. Psychothérapies, 2002 : 264 p.

(11) Cook-Darzens S., Doyen C. Thérapie multifamiliale de l’adolescent anorexique: une expérience ambulatoire. In : Cook-Darzens S. (sous la dir.). Thérapies multifamiliales. Des groupes comme agents thérapeutiques. Ramonville Saint-Agne : Érès, coll. Relations, 2007 : 384 p.

LA SANTÉ DE L’HOMME 394 | MARS-AVRIL 2008 | Pages 35-36

Libre de droits, sous réserve de mentionner la source

Suite à cette analyse fine et très juste du Docteur Cook Darzens, je lui témoigne à nouveau mon respect et ma gratitude. Le regard porté sur la maladie, son empathie envers les familles sont des ressources vitales!

Analyse des réponses au sondage “durée de la maladie anorexique”

Voici une analyse des réponses qui m’ont été fournies suite à la question posée dans le groupe d’entraide TCA sur Facebook nommé “TCA-Anorexie, témoignages, conseils”.

 

Voici la question posée :

Pour celles/ceux qui ont guéri de l’anorexie, combien de temps a duré votre maladie?

 

J’ai analysé les réponses au bout de 3 jours. J’ai obtenu 19 réponses.

Dans ces 19 réponses, il y a 17 filles et 2 garçons.

12 personnes mentionnent qu’elles ne sont pas guéries dont l’une est hospitalisée depuis trois mois. Quatre personnes sont en cours de guérison. Une personne ne précise pas si elle est guérie ou pas. Deux personnes sont guéries.

 

La durée moyenne de la maladie (15 personnes précisent la durée) est de 10,1 ans soit dix ans pour arrondir. Il y un gros biais de recrutement puisque les personnes qui sont guéries sont probablement moins pro actives dans le groupe voire ont quitté le groupe. Ainsi la durée est  surestimée par rapport à la moyenne généralement communiquée (7ans).

Il y a trois personnes dont la maladie dure depuis 19, 25 et 27 ans : en particulier pour celles là mais bien sur pour toutes les autres, ne lâchez rien, n’abandonnez jamais votre combat ; il y est possible de s’en sortir, même au bout de 25 ans ou plus de maladie  !! Je vous encourage tous très vivement à lire le livre témoignage de  Nicole Desportes dans son livre “Voyage jusqu’au bout de la vie”, livre préfacé par l’éminent Philippe Jeammet, professeur émérite de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à l’université Paris-Descartes.

 

A chacun de vous, je dis “A votre guérison” !!

l’anorexie chez l’enfant, phénomène sous estimé

Préambule : l’article publié  ci dessous (origine Cercle Psy) reprend des notions que j’ai évoquées dans deux de mes précédents articles :

“l’enfant anorexique : comprendre et agir” du 31 mars 2018 ainsi que “l’ouvrage clé que tous les thérapeutes et parents devraient lire” du 18 mars 2018 : Marie France Le Heuzey et Solange Cook Darzens sont vraiment des personnes de référence  : leurs compétences sont précieuses dans le domaine de l’anorexie mentale infantile et de l’anorexie mentale tout court. Je salue à nouveau leurs travaux remarquables dans ce domaine. Je leur suis très reconnaissante et ressens une immense gratitude : elles ne me connaissent pas mais grâce à leurs livres respectifs, elles ont contribué à la guérison de mon fils. RESPECT!

Retrouvez cette enquête publiée sur le site du Cercle Psy.

Pendant longtemps, l’anorexie n’était associée qu’à l’adolescence. Or les cliniciens assistent à un rajeunissement de la pathologie. Comment expliquer un tel phénomène ? Quelle prise en charge est privilégiée pour ces petits patients ?

« Je me suis juste disputée avec ma copine et puis j’ai plus eu envie de manger » confie Margot, 9 ans. 5 heures par jour, c’est le temps que les parents de Françoise, 11 ans, passent à faire manger leur fille. Ils font face quotidiennement à un panel de comportements d’opposition : « marchandage, refus passif, opposition actives, menaces, pleurs, hurlements, violence physique ». Si bien qu’ils ont l’impression de maltraiter leur enfant[i]. Depuis une quinzaine d’années, les institutions et les spécialistes des troubles du comportement alimentaire assistent à un rajeunissement de l’anorexie. Désormais, cette pathologie peut survenir chez l’enfant dit prépubère, âgé entre 6 et 12 ans. L’anorexie infantile se manifeste de plus en plus fréquemment, un constat dressé aussi bien en France qu’aux Etats-Unis, au Royaume-Uni ou au Canada. « Il y a 30 ans, nous rencontrions un cas d’anorexie infantile par an en moyenne. C’était LE cas de l’année. Aujourd’hui, une unité d’hospitalisation leur est consacrée et sur les 10 lits que nous proposons, tous sont occupés par des enfants de 8, 9 et 10 ans. Il ne s’agit donc plus d’un cas exceptionnel » témoigne Marie-France Le Heuzey, psychiatre à l’Unité des troubles du comportement alimentaire au service de psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent au CHU Robert Debré.

Des symptômes proches de l’anorexie adolescente

L’anorexie est moins bien définie, diagnostiquée et prise en charge lorsqu’elle survient chez l’enfant que chez l’adolescent. Si l’anorexie infantile paraît originale depuis une dizaine d’années, la symptomatologie, quant à elle, est particulièrement classique, comparable à l’anorexie adolescente et inclut : 1) un refus de s’alimenter, 2) une perte de poids (ou une absence de prise de poids en période de croissance) et 3) une préoccupation marquée à l’égard de son poids ou de la forme de son corps, un critère pas toujours présent dans le profil de ces enfants. La définition de l’anorexie infantile se veut plus sommaire et flexible que celle de l’anorexie adolescente afin d’intégrer les éventuelles variations de symptomatologie dues à cette tranche d’âge. Comme le note Solange Cook-Darzens, docteur en psychologie, thérapeute familiale, et ancienne co-responsable de l’Unité des troubles du comportement alimentaire au service de psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent au CHU Robert Debré, dans son ouvrage « Approches familiales des troubles du comportement alimentaire de l’enfant et de l’adolescent » (Erès, 2014), seul le « noyau central » de la symptomatologie de l’anorexie a été conservé. « Les fillettes se mesurent le tour des hanches, se trouvent bien trop grosses alors qu’elles sont toutes maigres… Nous accueillons actuellement dans notre service une enfant qui refuse de se coucher car elle craint de grossir encore plus si elle s’allonge ! » raconte Marie-France Le Heuzey.
Toutefois, une particularité est propre aux enfants anorexiques : la restriction hydrique qui peut conduire à une déshydratation. Les enfants étant bien moins experts que leurs aînés adolescents sur la teneur en calories des différents aliments, ils évitent toute sensation de « lourdeur » ou de « remplissage ». « Ainsi, ils peuvent continuer à manger des féculents ou des gâteaux mais craindre de grossir en buvant de l’eau » note Solange Cook-Darzens. De plus, de par leur immaturité émotionnelle et cognitive, les enfants anorexiques ont davantage de difficultés à verbaliser leurs émotions. « La dimension cognitive (préoccupations concernant le poids et les formes) n’est pas toujours exprimée, ni même présente dans l’esprit de ces enfants, ce qui n’empêche pas ces petites filles de sélectionner leur alimentation comme si elles étaient préoccupées. Il est important de souligner cette particularité car c’est ainsi que de nombreux généralistes et pédiatres « ratent » le diagnostic d’anorexie mentale chez les enfants et que ceux-ci nous arrivent tardivement, en urgence » insiste Solange Cook-Darzens. Ces peurs « tendent à s’exprimer en termes de plaintes somatiques plus floues, tels que des douleurs abdominales, une peur de vomir, des difficultés à avaler, des vertiges, etc. ».
Une autre particularité est propre à l’anorexie de l’enfant : la proportion de garçons. « Celle-ci est généralement de 3 garçons sur 10 enfants. Alors qu’à l’adolescence, elle est d’un garçon pour 10 » nous précise Solange Cook-Darzens. « Sur l’ensemble de nos 10 lits, nous accueillons actuellement 2 garçons » complète Marie-France Le Heuzey. Enfin, l’anorexie prépubère se caractérise par une perte de poids généralement plus brutale que chez l’adolescent, ainsi que des comportements de rigidité et de perfectionnisme plus marqués.

Une intrication de facteurs défavorables

Si pendant de longues décennies, les mères, nourricières par définition – étaient considérées comme (en partie voir exclusivement) responsables de l’anorexie de leur fille dans quelques esprits psychanalytiques, le vent a tourné. « Pour ma part, ça fait longtemps que j’ai laissé les mères tranquilles ! Ironise Marie-France Le Heuzey. Soit dit en passant, chez l’adolescent plus que chez l’enfant, des cas d’anorexie peuvent très bien être déclenchés par des commentaires blessants du père, du genre « t’es trop grosse ! ». Je me souviens d’un médecin généraliste qui s’était spécialisé dans le fait de faire maigrir les femmes obèses. Celui-ci avait donné l’une de ses cassettes à sa fille qui a fini par perdre beaucoup de kilos et devenir anorexique… ». La survenue de l’anorexie chez un enfant est le fruit de l’intrication de différents facteurs : personnels (tendance à la rigidité, idéalisation de la minceur, faible estime de soi…), familiaux (déménagement, divorce, deuil…) et sociaux (dispute avec une copine, surinvestissement de la scolarité…). Comme l’indique Solange Cook-Darzens, des études ont identifié des évènements de vie susceptibles de précipiter la survenue de l’anorexie chez l’enfant, tels que des remarques et des moqueries de la part des camarades, un changement d’école, une mauvaise expérience de colonie de vacances, une maladie physique, etc.
Contrairement aux idées reçues, l’anorexie infantile ne peut, bien entendu, pas se résumer à une question d’image et d’idéalisation sociétale de la minceur. « Si l’environnement alimente cette pathologie, il ne l’initie pas » rappelle Marie-France Le Heuzey. En revanche, le perfectionnisme demeure un facteur de risque prédominant : « ce sont des petites filles qui paraissent parfaites sur tous les plans. Elles peuvent pratiquer d’un instrument de musique, faire de la danse classique, multiplier les activités extrascolaires, avoir de bons résultats à l’école, etc. Au final, elles sont aussi perfectionnistes dans la maladie ! » commente Marie-France Le Heuzey. Enfin, les travaux montrent que les troubles alimentaires chez le bébé, dont l’anorexie, constituent un facteur de risque de développer plus tard un TCA à l’adolescence. « Pour autant, toutes les anorexiques tardives n’ont pas souffert d’anorexie étant bébé… » insiste Marie-France Le Heuzey.

Les parents, des co-thérapeutes en herbe

La prise en charge psychologique de l’enfant anorexique n’est pas des plus évidentes. « L’immaturité motivationnelle et cognitive de l’enfant limite inévitablement les possibilités d’alliance thérapeutique » précise Solange Cook-Darzens. Il est rare que l’enfant soit le « bon patient » type, à savoir celui qui est souhaite changer, qui parvient à verbaliser ses craintes, ses émotions, et à mettre en lien certains conflits psychiques avec des symptômes. « C’est donc avec les parents que l’alliance thérapeutique va devoir se construire, tout du moins initialement » complète Solange Cook-Darzens. La thérapie familiale est d’ailleurs la seule thérapie qui a réellement montré son efficacité sur le terrain, ce que nous confirme Marie-France Le Heuzey : « bien que ça ne soit pas de la faute des parents, nous ne pouvons pas soigner les enfants sans leurs parents. Comme je leur dis souvent, si on privilégie la thérapie familiale, ce n’est pas pour désigner un coupable mais pour vous réapprendre à faire manger votre enfant. La thérapeute familiale de notre service inclut d’ailleurs parfois aussi les frères et sœurs en entretien ». Contrairement à l’adolescent, l’enfant reste très influencé par sa famille, de par sa dépendance et son immaturité. « La place qui sera faite aux ressources familiales et à l’autorité parentale dans le traitement de l’anorexie sera donc légitimement plus importante » souligne Solange Cook-Darzens. L’auteur insiste sur le fait que les parents divorcés sont « condamnés à s’entendre » et à distinguer, dans l’intérêt de leur enfant, leur relation de couple de leur relation parentale.

Absence de prise de poids : signe d’alerte n°1

Quels signes doivent alerter les parents et les professionnels ? L’absence de prise de poids, quel que soit l’âge de l’enfant. A laquelle s’ajoute, dans un second temps, une anomalie de la courbe de taille « sachant que des dizaines de causes d’origine somatique sont à éliminer avant de songer à une cause psychologique telle que l’anorexie » nous précise Marie-France Le Heuzey. Sur le plan comportemental, certains indices peuvent alerter la famille : l’enfant change drastiquement d’habitudes alimentaires, il se met à trier de manière excessive les boissons et les aliments qu’il appréciait auparavant, il coupe la nourriture en petits morceaux dans son assiette et ne mange que de petites quantités, il essaye d’échapper aux temps de repas, il devient soudainement accro aux activités sportives, etc. Les médecins de ville, premiers interlocuteurs des familles, sont-ils bien sensibilisés au diagnostic de l’anorexie infantile ? « De plus en plus, nous répond Marie-France Le Heuzey. Bien que l’anorexie prépubère demeure méconnue, les médecins s’assurent toujours de la bonne croissance staturo-pondérale de leurs jeunes patients. Ainsi, en cas d’anomalie, ils vont creuser jusqu’à poser le bon diagnostic. J’ai justement sur mon bureau un fax d’un médecin qui m’adresse une fillette de 10 ans qui refuse de grossir ».

Quelques chiffres

En France, aucune étude épidémiologique sur l’anorexie infantile n’a encore été menée, même si les cliniciens dressent un double constat : le nombre d’enfants anorexiques est croissant, bien qu’il demeure inférieur au nombre d’adolescents anorexiques. L’anorexie infantile, qui s’observe majoritairement à partir de l’âge de 8 ou 9 ans, rarement avant, survient dans des milieux socioculturels très variés. Selon une étude britannique publiée en 2011, une centaine d’enfants âgés de 5 à 7 ans auraient été hospitalisés au cours des trois années précédentes pour anorexie sévère. L’étude révèle, de plus, que 600 des 2000 enfants âgés de 5 à 15 ans hospitalisés dans 35 institutions publiques pour anorexie avaient moins de 13 ans. Différentes enquêtes ont souligné le fait que des fillettes, dès l’âge de 4/5 ans, pouvaient être préoccupées par la forme de leurs corps et craindre de prendre du poids[ii]. Tandis que 10 à 24% des jeunes filles âgés de 7 à 13 ans chercheraient à perdre du poids en pratiquant un sport régulier ou en réduisant les quantités de nourriture. Autant de facteurs de risque qui pourraient alimenter la survenue d’une anorexie.

L’anorexie chez le bébé

L’anorexie du bébé et de l’adolescent est bien mieux comprise et identifiée que celle de l’enfant et du préadolescent. Rappelons tout d’abord que tous les bébés sont susceptibles de connaître des périodes de turbulences alimentaires, gênés par d’éventuelles douleurs intestinales ou toute autre cause organique passagère.
Les travaux d’Irène Chatoor, professeur de psychiatrie et de pédiatrie à l’Université de Georges Washington et spécialiste des troubles alimentaires chez le jeune enfant, ont permis de distinguer le trouble alimentaire de l’attachement de la véritable anorexie du bébé.
Le trouble alimentaire de l’attachement, qui survient en début de vie du bébé, résulterait d’un trouble de l’attachement entre la mère et son enfant. Ces bébés, dont les mamans souffrent d’une pathologie mentale (dépression, toxicomanie, par exemple) finissent par se dénutrir et s’étioler. « Les répercussions s’observent tant sur le plan nutritionnel que sur celui du développement psychoaffectif. Ce trouble, très grave, nécessite des soins hospitaliers » souligne Marie-France Le Heuzey. L’anorexie infantile, quant à elle, survient plus tardivement, vers les 6 mois de l’enfant, notamment lors de la diversification alimentaire et du passage à la cuillère : l’enfant tourne la tête lorsque son parent lui présente le biberon ou la cuillère, il refuse d’ouvrir la bouche, il crachouille. Le repas devient alors un temps forcé de distractions et de stratégies pour faire manger l’enfant, marqué par une forte anxiété des parents. Pour autant, « l’enfant témoigne d’un bon développement psychomoteur et reste très vif. On ne parle d’ailleurs pas d’anorexie infantile s’il n’y a pas de retentissement réel de ce comportement sur la nutrition et la courbe de poids de l’enfant » rappelle Marie-France Le Heuzey. Selon Irène Chatoor, cet évitement de la nourriture n’est pas dû à une pathologie mentale de la maman, mais plutôt d’une « rencontre » entre un bébé au tempérament difficile et une maman qui traverse ses propres difficultés. La mère parvient mal à s’ajuster à son enfant. Dès lors, cette problématique alimentaire passagère peut se cristalliser et prendre un caractère pathologique.
Par ailleurs, le bébé anorexique est à distinguer du « petit mangeur » ou encore de l’enfant qui « sélectionne » excessivement ses aliments. Sachant qu’un grand nombre d’anorexiques plus âgés étaient des petits mangeurs lorsqu’ils étaient plus jeunes. « Les comportements de sélection sélective sont souvent associés à un problème de diversification entre 1 et 3 ans » nous précise Solange Cook-Darzens. « Au passage, rappelons que les travaux préconisent aux parents de présenter 8 à 11 fois le même aliment pour optimiser les chances que l’enfant veuille y goûter. La majorité des jeunes enfants redoute ce qu’ils ne connaissent pas. De plus, les parents doivent aussi manger de tout et en quantité suffisante s’ils souhaitent que leur enfant fasse de même. N’oublions pas que les parents demeurent les modèles des enfants ! » insiste Marie-France Le Heuzey.

Lectures conseillées :

Cook-Darzens S. (2014). TCA de l’enfant et du préadolescent (pp. 259-277). In Cook-Darzens, Approches familiales des troubles du comportement alimentaire de l’enfant et de l’adolescent. Érès, Toulouse.
Marie-France Le Heuzey (2003). « L’enfant anorexique. Comprendre et agir ». Odile Jacob.
Safrano-Adenet (2014). Anorexie mentale prépubère et familles : approches génétique et environnementale. Une étude observationnelle auprès d’une cohorte de 17 patientes et de leurs parents. Human health and pathology. Thèse pour l’obtention du diplôme d’état de Docteur en Médecine, Université de Bordeaux.

[i] Cas cliniques extraits du chapitre 13 « Abords spécifiques des TCA de l’enfant et du préadolescent » de l’ouvrage « Approches familiales des troubles du comportement alimentaire de l’enfant et de l’adolescent » de Solange Cook-Darzens (Erès, 2014).
[ii] Le Heuzey MF. Déterminants socio-culturels (pp.115-120). In Mouren MC, Doyen C, Le Heuzey MF, Cook-Darzens S, (éds) : Troubles du comportement alimentaire de l’enfant : Du nourrisson au pré-adolescent. Issy-les-Moulineaux : Elsevier Masson ; 2011b.z  cette enquête publiée sur le site du Cercle Psy.

Le témoignage bouleversant de Jamel Boussetta

Je découvre ce jour ce témoignage poignant (écrit en 2010) que je voulais vous partager : il s’agit d’un garçon, Jamel Boussetta, qui décrit très bien ce calvaire dans lequel il est tombé, ce double démon  que représente la maladie anorexie-boulimie.

**********************

“C’est en 1996 que j’ai sombré dans l’anorexie. Cette maladie m’a accueilli les bras ouverts. Elle est la cousine germaine de la boulimie ! Je n’ai jamais souhaité être anorexique, ce sont les autres qui m’ont conduit à le devenir. Les autres, ce sont ma famille, mes amis, les gens dans la rue … qui, par leurs remarques blessantes, m’ont poussé à l’extrême, au point où j’ai refusé de m’alimenter.

A leurs yeux, j’étais un monstre, le Bouboule, le petit gros, Big Mac … Alors, un jour, je me suis dit que je voulais en finir d’être « le gros de service ». Un matin je décidai d’arrêter de manger.

J’ai cru, au début, faire un régime, comme bon nombre d’anorexiques, mais sur le chemin de la perte de poids, l’anorexie a fait son entrée comme une star, dans ce cauchemar qui s’est révélé être une dure réalité.

Ce devait être l’été 96. En un temps record, l’espace de deux mois, j’ai perdu 23 kilos. Mais au-delà de l’amaigrissement, le bilan est sombre : j’ai perdu bien plus que des kilos, j’ai perdu ma santé. Point par point, je vais vous expliquer l’envers du décor de la maladie. Derrière le beau rideau de velours rouge, se cache une triste vérité. L’anorexie était mon metteur en scène, elle m’a appris à jouer la comédie.

Dans la pièce de théâtre, j’ai eu le premier rôle. Ce « rôle », je m’en serais bien passé dans cette comédie dramatique.

La veille de la première, j’avais le trac, je me suis endormi au petit matin, épuisé d’avoir gambergé une partie de la nuit.
Le jour tant attendu est arrivé, j’avais hâte de faire mon entrée en scène. Avant d’ouvrir le rideau, madame « ANOREXIE » frappe les trois coups, annonçant mon apparition dans la pièce intitulée : « BIENVENUE DANS LE REGIME DE LA MORT. »

Un lundi matin donc, réveillé par les rayons de soleil qui traversaient la fenêtre de ma chambre, je me suis levé en pleine forme et de très bonne humeur. Je me suis douché et j’ai pris mon petit déjeuner comme d’habitude. Jusque-là tout allait bien mais … il y avait un « MAIS » : je ne me suis pas jeté sur la nourriture cette fois-ci, je n’ai bu qu’un café avec un sucre d’aspartame.

J’avais bien préparé le déroulement de mes journées, j’avais de l’énergie à revendre mais surtout une très grande motivation car j’avais décidé de maigrir … En pleine adolescence, j’étais inconscient de ce que j’allais faire. Pour moi REGIME était égal à NE PLUS MANGER, j’étais loin d’imaginer le résultat final …

La première semaine fut difficile pour moi, très éprouvante. Mais face aux résultats que je pouvais apercevoir quotidiennement sur ma balance, j’ai continué à refuser de m’alimenter. J’avais extrêmement faim, mais il était hors de question pour moi de remanger.

Mon alimentation se résumait ainsi : un verre de café le matin, à midi jeûne et le soir petite salade nature. Plus les jours avançaient et plus je devenais faible, j’étais fatigué, à bout de forces, j’avais les yeux cernés.

Avec le peu de nourriture que j’avais dans le ventre, je trouvais encore le moyen de marcher des kilomètres pour éliminer le peu de calories qui me restaient.

Au fil du temps, même manger une feuille de salade devenait un supplice. J’avais la phobie de la nourriture, jusqu’à en être écœuré rien qu’en la regardant.

Je ne partageais plus aucun repas avec ma famille sous prétexte que j’avais déjà mangé dehors. Les placards ne se vidaient plus à la vitesse grand V. Contrairement à ce qui s’était passé avec la boulimie, ma mère s’est posée des questions car elle s’étonnait que je ne me goinfre plus et me trouvait amaigri et très fatigué. Je la voyais inquiète, mais il était trop tard ! J’étais devenu anorexique.

Je ne voulais voir personne, je m’enfermais à clef dans ma chambre pour y passer le plus clair de mon temps, à dormir ou regarder la télé. Et quand je sortais pour parcourir des kilomètres, c’était très tôt le matin, pour ne pas croiser les potes du quartier. J’étais dans ma bulle, dans mon monde et en plein changement physique … Mais à quel prix?

Le matin, après avoir pris mon café avec une sucrette, j’arrivais à bouger mais en rentrant du « sport », j’étais une vraie larve, exténué. C’était parfait, puisque je m’écroulais dans mon lit ; et là, c’était le top ! Je dormais profondément …

Dormir pour oublier mes souffrances, dormir pour oublier la faim et dormir pour être dans le monde du silence. Enfin la paix … je n’entendais plus rien, plus de disputes, plus de critiques …

Lorsque je ne m’étais pas réveillé pour mon rituel – la marche à pied -, pas de panique ! J’utilisais le plan B : j’astiquais de fond en comble ma chambre jusqu’à épuisement total. Tout était nickel. Une activité intense pour brûler les calories …

Le temps passait très vite, j’étais déconnecté de la réalité, je ne savais plus quel jour on était, à vrai dire je m’en foutais complètement. Le plus important, c’était de maigrir.

J’éprouvais un plaisir à me surpasser et à être enfin le maître du jeu. Cette fois c’est moi qui commandais, je décidais si je mangeais ou pas !
Madame Boulimie faisait une triste tête, mais je ne voulais pas lui donner à manger. J’étais en extase devant ma capacité à contrôler la situation pour une fois … Mon corps réclamait de la nourriture mais je m’interdisais de lui en donner.

Durant des années, j’ai gavé mon corps comme un canard que l’on engraisse. Mais pourquoi manger si c’est pour grossir?
Puis j’ai défié mon corps, je me suis surpassé durant des semaines sans craquer une seule fois. Tant que « madame Boulimie » faisait la tête, « madame Anorexie » me souriait et m’encourageait. Dans ma tête, une voix m’aiguillonnait après la pesée du matin : « BRAVO !!! ENCORE 1KG EN MOINS ! SUPER ! VAS-Y, CONTINU ! » 1, 3, 7, 10, 15, 20 et 23 kilos en moins. Quelle belle récompense !

Merci aux laxatifs, merci au thé qui m’aidait à courir aux toilettes pour éliminer, merci aux coupe-faim qui étaient en vente libre à l’époque, merci à toutes les personnes qui m’ont insulté de près ou de loin, merci encore une dernière fois. Mais sachez que je vous déteste !

Ok ! Extérieurement, j’étais amaigri ; mais l’intérieur de mon corps, je n’y avais pas pensé. Je lui ai fait avaler tout et n’importe quoi, mais … encore une fois il y a eu un « MAIS » …

La réalité m’a très vite rattrapé. Un jour mon corps n’a plus accepté que je le prive de nourriture et j’ai commencé à enchaîner les malaises, je tremblais et mes jambes ne pouvaient plus me porter. Je perdais mes cheveux et mes dents se déchaussaient, j’avais des hallucinations, mon humeur était imprévisible et mon cœur battait au ralenti.

Le dernier malaise fut brutal. Chez une amie je me suis évanoui et c’est à l’hôpital Boucicaut à Paris que je me suis réveillé. On m’y avait transporté la tête en sang car j’étais tombé et je m’étais blessé dans ma chute. Mon bilan sanguin était catastrophique ! Inutile de mentir au médecin, je lui ai avoué que je refusais de m‘alimenter et c’est lui qui m’a dit que j‘étais devenu anorexique.

A l’époque, il y a treize ans, on pouvait poser un nom sur la maladie mais personne ne comprenait ce type de comportement. Les professionnels de la médecine ne savaient pas comment s’y prendre avec les anorexiques.

Un jour, je discutais avec un médecin qui s’est spécialisé dans les TCA (troubles du comportement alimentaire) et il m’a dit : « Tu sais, Jamel, aujourd’hui, j’ai compris la maladie, mais au début de ma carrière je trouvais stupides les patients qui refusaient de manger … » Ce sont ses propres termes et je pense que les médecins de sa génération peuvent se reconnaître à travers ses propos.

Mon régime s’était donc transformé en calvaire.
Après deux mois pratiquement sans manger, j’aurais pu rester sur le carreau. Si ma copine n’avait pas été avec moi, si j’avais été seul, qu’aurai-je pu faire ?
J’ai voulu jouer et j’ai perdu.

Donc, soit je me réalimentais, soit je fonçais tout droit dans un mur qui pouvait me conduire à un arrêt cardiaque. Malheureusement bien des anorexiques sont morts ainsi.

Alors j’ai choisi. J’ai recommencé à manger un petit peu mais cela restait encore très, très peu …
J’ai recommencé à sortir, à revoir mes potes et tout le monde était stupéfait de ma nouvelle silhouette.

Aurais-je dû affronter le monde extérieur ? Je ne sais pas …
Plus on me disait que j’avais maigri et plus je retombais dans l’anorexie. Car je recherchais la maigreur absolue. Dans ma tête, j’étais encore gros et dans ma tête plus rien n’allait. J’avais peur de la nourriture ! Mais il me fallait manger ! Quelle horreur !

De retour de l’hôpital après mon malaise j’ai énormément bouquiné sur le sujet et j’ai cherché tous les aliments pauvres en calories ; et c’est à base de tomates, de pommes et de cornichons que je me nourrissais pour tenir debout … Mes coupe-faim, je les ai remplacés par des comprimés vitaminés ; grâce à cela j’ai tenu le coup encore quelques semaines, avant de redevenir le boulimique que j’avais toujours été.

Dans ce monde de consommation où la mode est le premier sujet des couvertures de magazine, bien des jeunes, pour la plupart des filles, se lancent dans des régimes comme je l’ai fait et sombrent dans cette maladie.
J’en veux énormément à ces magazines racoleurs qui vendent des régimes miracle, et, pire ! des médicaments soi-disant testés cliniquement ! « Et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier d’alu ? » Mais bien sûr …
Les photos des mannequins sont toutes retouchées, les filles sont pratiquement toutes anorexiques. Elles disent toutes manger correctement, mais ne soyons pas dupes ! Même le plus charlatan des nutritionnistes dira qu’elles sont toutes en carence alimentaire. Certaines, pour tenir le coup, se droguent à la cocaïne et certaines en meurent même …
Je voudrais répéter que j’ai perdu beaucoup en cessant de m’alimenter et, en premier lieu ma santé ! A toutes celles et ceux qui souffrent de cette terrible maladie, je lance un appel : Faites-vous soigner ! Je vous en supplie ! Allez consulter !

Ouiiiiiiii !!! Je sais ce que vous endurez ! Ouiiiiiiii !!! Je sais combien vous souffrez ! Je sais que le chemin vers la guérison est long mais ne perdez pas espoir, un jour viendra le déclic, puis la reconstruction. A cet instant j’ai mal, je pleure car je pense aux anorexiques qui me liront, mais je veux que mon témoignage soit une lueur d’espoir.

Tantôt boulimique, tantôt anorexique j’ai jonglé avec ces deux maladies qui sont en fait liées. Dépression, plus aucune estime de soi, plus de rapports sociaux, manque d’énergie … je suis passé par-là. Si quelqu’un peut parler du sujet en connaissance de cause, c’est seulement l’un de « NOUS » ; seuls nous, malades ou ex-malades, pouvons témoigner correctement. Car il faut l’avoir vécu pour comprendre cette autodestruction, ce suicide à petit feu …

J’ai été emporté dans cet ouragan, ce cyclone, ce cercle infernal des troubles du comportement alimentaire. Et les mots en « IR » je les connais par cœur : grossir, mincir, vomir, mentir, mourir …

J’ai trouvé plus douloureux d’être anorexique que d’être boulimique, parce qu’en période d’anorexie, je me sacrifiais. J’avais envie de me faire du mal, de voir mon sang couler de mes veines, j’avais un dégoût plus important de mon image, il me fallait compter les calories, peser les aliments et tout le tralala … Ma tête était une vraie calculette. Il fallait anticiper sur certaines situations, du genre : esquiver un repas de famille, décliner une invitation au restaurant, faire attention à son image pour « paraître » en forme et faire semblant d‘aller très bien, alors que l’on ne l’est pas du tout …

Je pense que l’anorexique et le boulimique sont d’excellents comédiens et des mythomanes hors pair.

Aujourd’hui, ayant connu la maladie, je remarque que certaines personnes de mon entourage ont des troubles du comportement alimentaire. Par exemple, un proche qui se goinfre puis court aux toilettes, revenant avec les yeux rouges comme s’il venait de pleurer, ou un ami qui vous quitte précipitamment pour rentrer chez lui, ce sont des attitudes qui peuvent amener à se poser des questions quand elles sont répétitives ! Si en plus il mange pour quatre et ne grossit pas, cela doit vous alerter … A l’opposé, le manque d’appétit, le refus de s’alimenter, c’est un comportement qui ne trompe pas non plus.

Pour ce qui me concerne, je pense qu’on pourra difficilement me tromper. Je connais toutes les astuces, tous les mensonges, tous les indices, qui me parlent, à moi l’ex-boulimique, moi l’ex-anorexique … enfin, ex, du moins je l’espère, j’espère ne plus jamais faire de rechute car j’ai trop donné …

En France, l’anorexie touche de plus en plus de jeunes filles et certains garçons. Ce qui me révolte, c’est qu’il manque des professionnels de santé, des structures pour encadrer les malades, qu’il manque des campagnes d’information sur la maladie. J’ai galéré à l’époque pour trouver quelqu’un pour me guérir car personne ne s’était penché sur ce type de maladie.

Le gouvernement s’inquiète aujourd’hui de l’augmentation du nombre des obèses en France. Je veux lui dire que, dans les statistiques, il ne faut pas voir que des gros, ce sont aussi des gens en souffrance.

Mais qu’attend-on pour s’intéresser aux anorexiques ? Attend-on un nombre important de morts comme celui des accidentés de la route pour trouver une solution au problème ? Peut-être cherche-t-on le détecteur de Gros ?

Peut-être l’argent public pourrait-il être utilisé à bon escient dans la formation d’un nombre plus important de médecins spécialisés dans cette pathologie ?

J’ai interpellé le ministre de la Santé, pour lui dire quelques vérités sur le sujet. A-t-il peur du trou de la sécu ? Je pense personnellement qu’il fera des économies car bon nombre de boulimiques et d’anorexiques se retrouvent avec un cancer du côlon, de l’œsophage, du foie … Alors avant d’en arriver au stade du cancer où les soins coûtent très cher et creusent vraiment le trou de la sécurité sociale, ne serait-il pas préférable de faire de la prévention et de prendre en charge à temps les citoyens atteints de cette pathologie?

J’ai une dent contre les politiques, de gauche comme de droite ! Il est temps de faire bouger les choses. En écrivant, je pense à toutes celles et tous ceux qui vivent dans le silence, avec une maladie, ou les deux en même temps, et qui ne trouvent aucune structure ou aucun professionnel pour les soigner correctement, les écouter et les comprendre. Alors, les politiques, je ne vais pas les lâcher, mon combat ne fait que commencer.

Je n’en suis pas à mon premier coup médiatique ! Si j’ai réussi à dénoncer publiquement les bavures policières en infiltrant cette institution puissante, en médiatisant mon histoire qui a fait l’objet d’un livre, – même si au départ ce n’était pas mon but de devenir auteur d’un livre à scandale – eh bien ! je ferai la même chose pour médiatiser mon parcours de boulimique-anorexique qui n’est pas unique en France.

Je n’ai pas ma langue dans ma poche, je ne veux plus taire ma maladie, et encore moins me murer dans le silence; car moi je n’ai jamais demandé qu’à l’école publique un maître me maltraite, je n’ai jamais demandé à subir de sa part des attouchements sexuels … je m’arrêterai juste là, par respect pour moi-même, pour ne pas trop me salir.

L’état est en partie responsable de ma descente aux enfers, le sang qui a coulé de mes veines ne doit en aucun cas être passé sous silence. Je ne demande pas des dommages et intérêts, car personne ne me rendra mon enfance, mon adolescence perdue … Mais je veux que l’anorexie et la boulimie soit reconnues comme deux GRAVES maladies et non pas comme une grippe que l’on soigne avec des cachets …

Je suis remonté !!! Mais ce combat n’est pas seulement le mien, c’est également celui des malades. Courage et gardons espoir !”

 

Jamel termine son témoignage par le discours de martin Luther King :

I have a dream

« Je rêve d’un jour,
Où toutes les vallées s’élèveront
Chaque colline et chaque montagne s’abaissera,
Où l’ordre remplacera le chaos,
Et la pureté des cœurs
Redressera les torts,
Où la gloire du créateur sera révélée
Afin que tout ce qui vit
Puisse la voir.

Ceci est notre espoir.
Avec la foi,
Nous serons capables
De tailler la montagne du désespoir.
En diamant de l’espoir.

Fort de cette foi,
Nous serons capables de changer
Dans notre nation
Le son de la discorde
En une merveilleuse
Symphonie de fraternité,

Fort de cette foi,
Nous serons capables de travailler ensemble,
De lutter ensemble,
Sachant qu’un jour,
Viendra la liberté pour tous. »

Martin Luther King

témoignage d’Emmanuelle : l’anorexie, entre mensonge, peur et refus

Voici le témoignage de Emmanuelle.

 

En bilan, on peut retenir que :

-c’est une maladie du mensonge : on ment aux autres ET on se ment à soi même

-il peut y avoir un refus/peur de vivre une sexualité “normale”

-il y a parfois une peur de plaire aux autres car on ne sait pas comment réagir en cas de “succès”

-il serait bien de cesser d’accuser les mères. L’immense majorité des mères n’a qu’une seule envie : le bien être, la santé  et le bonheur de son/ses enfant(s)!

-des recommandations médicales sont parfois inadaptées et peuvent conduire à un TCA si la personne qui reçoit la recommandation est sensible, manque d’estime d’elle même, et/ou attache trop d’importance au regard/jugement d’autrui

-il est fondamental d’être pro actif dans sa thérapie ; si elle est subie, elle ne donne pas ou peu  de résultats ; comme dans toute addiction, il faut vouloir arrêter et être acteur de sa guérison

-l’augmentation de l’anorexie mentale dans nos sociétés occidentalisées provient aussi d’un mensonge collectif et sociétal, notamment au travers de la publicité  : les photos sont trafiquées pour voir des filles plus maigres, sans imperfections cutanées ; les photos sont retouchées dans les moindres détails pour évoquer la perfection et faire vendre ; mais qui dans ce monde est parfait? PERSONNE…

 

 

Merci de laisser vos commentaires au sujet de ce témoignage.