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Recette d’été : Carpaccio de daurade à la coriandre et au pamplemousse

Afin de vaincre les troubles du comportement alimentaire, dont l’anorexie, un axe thérapeutique consiste à cuisiner des plats sollicitant de nombreux sens (odorat, vision, toucher, et bien sur goût). Parce que cuisiner maison, en limitant voire en éliminant les plats transformés, conduit probablement sur le bon chemin, celui de la guérison!

Ingrédients (2 personnes)

300 g de dorade Sébaste très fraîche

1 citron vert

1 bouquet de coriandre fraîche

huile d’olive

1 pamplemousse

sel et poivre du moulin

La recette

Hâchez la coriandre fraîche après l’avoir équeutée et faites mariner le tout dans de l’huile d’olive pendant une heure

Retirez les arêtes des filets de daurade et taillez ceux-ci en fines lamelles dans le sens de l’épaisseur.

Ceci fait, réservez-les dans un petit saladier et pressez le citron vert dessus afin de “cuire” légèrement la chair du poisson grâce à l’acidité

Salez et poivrez, puis roulez chaque lamelle de daurade afin de les disposer harmonieusement dans une assiette

Pelez un pamplemousse à vif, prélevez les suprêmes (la chair) et disposez quelques morceaux sur le poisson

Mixez l’huile d’olive avec la coriandre afin de dégager davantage d’arômes et arrosez légèrement votre assiette de coriandre ciselées et le tour est joué!

A déguster très frais !

Carpaccio de daurade coriandre pamplemousse

Les bienfaits

La dorade-sébaste contient beaucoup de protéines de haute valeur (env. 19 g par 100g), environ 4g de graisses par 100g – surtout des graisses non-saturées, favorable au cœur et au système circulatoire – et est une source de vitamine A, propice à la peau, les yeux, la croissance et la résistance.

Le citron vert : de la même famille que le citron jaune, le citron vert est très riche en vitamine C, en fer et en fibres. … Bénéfique pour le bon fonctionnement de l’organisme, le lime est aussi un allié beauté. En favorisant l’activité du foie et un bon transit, il permet d’éliminer les toxines.

La coriandre : cette plante est riche en antioxydants, du fait de la présence d’acides phénoliques et de flavonoïdes. Elle contient aussi de la vitamine K (une vitamine qui concourt à la coagulation sanguine). Anti-inflammatoire, antibactérienneantispasmodique, les effets santé de la coriandre sont variés. Ses vertus digestives sont souvent citées. Elle contribue apparemment à réduire les fermentations liées à la digestion (en absorbant les gaz), ce qui lui donne du même coup un pouvoir contre les migraines

L’huile d’olive composant important du régime méditérannéen ou crétois, a une action de prévention des maladies cardio vasculaires grâce à ces acides gras mono et poly insaturés, aide à lutter contre l’hypertension artérielle ou l’excès de cholestérol. La vitamine E et les polyphénols (ayant des effets antioxydants) qu’elle renferme aide dans la prévention des cancers en limitant le vieillissement cellulaire.

Le pamplemousse regorge de bienfaits santé. Le jus est riche en vitamine C et contient des flavonoïdes. Ces antioxydants très puissants luttent contre le vieillissement prématuré des cellules de l’organisme.

Souvenez-vous : une alimentation saine et décomplexée est un des piliers de votre santé! Bonne dégustation!

PESTO DE FANES DE CAROTTES

Ingrédients (10 personnes)

90 g de fanes de carottes (uniquement les feuilles, sans les tiges)

65 g de poudre d’amande,

65 g de parmesan,

2 gousses d’ail épluchées et dégermées,

130 g d’huile d’olive

Recette

Râper finement le parmesan s’il est en bloc. Nettoyer les fanes de carottes et ne garder que les feuilles, les mixer, et réserver. Ajouter les gousses d’ail dégermées et mixer avec le parmesan. Verser dans un bol et mélanger avec l’huile. Répartir ce délicieux pesto dans des petits pots à placer au frigo. Un régal à l’apéro!

Bonne dégustation! ;))

Les bienfaits

Les fanes de carottes contiennent des sels minéraux naturels, de la chlorophylle, de la glutamine et des vitamines B9 et C. Les fanes sont une source de bien-être et leur action est large : un coup de fatigue, une baisse de régime, vous avez exagéré en produits industriels ? Alors consommez des fanes de carottes qui auront le mérite de faire baisser l’acidité dans votre corps, vous regagnerez du tonus.

Les vitamines B9 et C luttent contre le vieillissement cellulaire. La vitamine B9 a un rôle important dans la formation des globules rouges, le fonctionnement du système nerveux et celui du système immunitaire (cette vitamine est particulièrement importante pendant des périodes clés que sont l’enfance, l’adolescence et la grossesse). La glutamine aide à la guérison des aphtes (vous pouvez utiliser dans cet objectif les fanes de carottes en infusion).

L’amande est vraiment un aliment santé par excellence, en plus d’être délicieuse et accomodable dans de nombreux plats. Elle protège des maladies cardiovasculaires ; elle est riche en magnésium aidant à la relaxation musculaire et à la protection du système nerveux central (magnésium utile notamment lors de dépression) ; elle aide à limiter la surcharge graisseuse du foie. Riche en antioxydants, elle permet de lutter contre le vieillissement et aide à la prévention de certains cancers (du colon, grâce aux fibres qu’elle contient), de maladies dégénératives (parkinson). Elle aide au renforcement des fonctions cognitives car elle contient de la vitamine E, riboflavine et L carnitine, excellentes pour le bon fonctionnement du cerveau. Enfin l’amande permet de lutter contre le diabète.

Le parmesan contient de la glutamine, un “calmant” des voies nerveuses et de la tyrosine utile lors d’anxiété ou de dépression.

Les effets bénéfiques de l’ail sont vantés depuis des décennies : antimicrobien, antioxydant, bon pour le système immunitaire, pour la tension et pour le cholestérol, rien que ça!!! C’est sans un aucun doute un super-aliment pour la santé ; ces effets sont majorés s’il est consommé cru.

Enfin, l’huile d’olive composant important du régime méditérannéen ou crétois, a une action de prévention des maladies cardio vasculaires grâce à ces acides gras mono et poly insaturés, aide à lutter contre l’hypertension artérielle ou l’excès de cholestérol. La vitamine E et les polyphénols (ayant des effets antioxydants) qu’elle renferme aide dans la prévention des cancers en limitant le vieillissement cellulaire.

Souvenez- vous : une alimentation saine et décomplexée est un des piliers de votre santé ! Bonne dégustation !

Salade au pamplemousse et fenouil, le plaisir des papilles

INGREDIENTS (4 PERSONNES)

3 pamplemousses

2 bulbes de fenouil

50 d’amandes effilées (remplaçable par graines de tournesol, de sésame…)

1 petite gousse d’ail hachée finement

1 cuillère à soupe de vinaigre de Xérès

1 cuillère à soupe de miel

1 cuillère à soupe d’huile d’olive vierge extra

sel

1 fromage de chèvre frais

LA RECETTE

Couper les extrémités de deux pamplemousses et posez les à plat sur une planche. Avec un couteau bien aiguisé, coupez l’écorce jusqu’à la pulpe en faisant glisser la lame de haut en bas en suivant le courbure du pamplemousse. Incisez de chaque côté des membranes pour extraire les suprêmes. Pressez le jus du dernier pamplemousse. Lavez les fenouils et coupez-les en deux dans la longueur. Ôtez les trognons et taillez le fenouil en fines lamelles. Pour faire la vinaigrette, mélanger le jus de pamplemousse, le vinaigre de xérès, le miel, le sel, et l’huile d’olive. Pour finir, faites dorer les amandes dans une poêle antiadhésive. Répartissez le fenouil, le pamplemousse et le fromage de chèvre taillé dans un plat creux et arrosez de vinaigrette. Parsemez d’amandes effilées ou des graines de sésame.

Salade fenouil pamplemousse parmesan

Le jour où j’ai effectué cette recette, je manquais de chèvre, remplacé au vol par du parmesan! Savoureux!

LES VERTUS

Le fenouil est reconnu pour traiter les troubles digestifs. Il permet entre autre de lutter contre la dyspepsie, les flatulences, le manque d’appétit ou l’aérophagie et de stimuler les muscles du côlon.

Le pamplemousse regorge de bienfaits santé. Le jus est riche en vitamine C et contient des flavonoïdes. Ces antioxydants très puissants luttent contre le vieillissement prématuré des cellules de l’organisme.

L’amande est un fruit à coque que l’on connaît tous et que l’on adore grignoter de temps en temps. C’est un fruit riche en fibres, en vitamines, en graisses mono-insaturées, en protéines, en magnésium, en potassium…

Souvenez vous : une alimentation saine et décomplexée est un des piliers de votre santé! Bonne dégustation!

Amélie Nothomb a souffert d’anorexie

https://youtu.be/nchi3gsmlew

Les débuts de la maladie

Dès l’âge de 13 ans et demi, Amélie Nothomb a souffert d’un trouble du comportement alimentaire, l’anorexie mentale. Celle ci fut dramatique. Elle avait décidé de ne plus jamais manger et s’est tenue à ce principe ; si bien, qu’au bout de deux ans, elle mesurait 1.70 mètre et pesait 32 kg!

La prise de conscience du risque mortel

A 15 ans et demi, elle a compris qu’elle risquait de mourir. Elle ne voulait pas mourir ! Elle voulait juste être la plus maigre du monde ! Elle avait malheureusement, au cours de ces deux dernières années, intégré la nourriture comme un démon, un diable.

Ses déclics et actes thérapeutiques
quand le corps force l’obéissance de l’âme

A 16 ans, en plein été alors qu’il faisait chaud, elle vécut comme une séparation corps et âme : son corps alla se nourrir en pleine nuit alors que son âme ne voulait pas! Son âme était en guerre complète contre son corps. Mais son corps, à ce moment l’a sauvée!

l’écriture-thérapie

A 17 ans , elle a commencé à écrire, sans ambition particulière d’écrivain : elle a commencé à écrire un roman, son premier roman, travail difficile, effectué sur deux ans d’efforts intenses. Elle ignorait encore que cette écriture fut thérapeutique puisque peu à peu, le corps et l’âme semblaient se ressouder, se réconcilier.

Elle allait de mieux en mieux suite à ce travail d’écriture, qui se révéla être un travail de suture du corps et de l’âme ; elle restait malade : pour elle, manger n’était pas naturel, était compulsif mais l’anorexie était en voie de résolution.

Elle explique aussi ici comment l’écriture et l’exil au Japon l’ont sauvé de l’anorexie.

l’exil

A 21 ans, elle partit à l’autre bout du monde :  de la Belgique, elle s’exila au japon, son pays natal. Le fait de de recommencer sa vie ailleurs lui procura un sentiment de nouvelle vie et de nouvelle identité qui a solutionné ses TCA.  Elle écrit toujours, aux premières lueurs de l’aube, 4 h par jour au minimum, intensément. Elle réalise alors qu’elle possède un corps qui fonctionne, qui peut produire, qui peut aimer, qui peut marcher en montagne … Elle livre son message dans ce témoignage : guérir de l’anorexie et d’autres troubles du comportement alimentaire est possible !

Elle se décrit toujours comme quelqu’un qui mange “bizarrement”, mais peu importe, elle mange avec plaisir et l’alimentation n’est plus un problème pour elle !

https://youtu.be/nchi3gsmlew

 

Que retenir de ce témoignage?

Authentique, sincère et sans fioritures, Amélie évoque cette décision abrupte d’arrêter de manger à l’âge de 13 ans. Cela va sans dire que de la pensée volontaire au passage à l’acte (celui de cesser de s’alimenter), s’insinue la maladie, avec  surtout, au départ un ou des traumatismes dont un qui semble majeur : le viol. D’autres facteurs retrouvés dans la maladie anorexique sont la précocité,  renforcée par un nomadisme culturel (d’origine belge, elle vit ses première années au Japon, suit ses parents en Chine, puis revient en Belgique à 17 ans, repart au Japon a 21 ans), la séparation d’avec sa gouvernante japonaise qu’elle considère comme une seconde mère, qui constitue pour elle un déracinement.

 

Amélie Nothomb évoque un jour la décision d’arrêter de manger ; pour certaines personnes, cela part de quelque chose de conscient, avec une “décision” à la clé, mais pour d’autres cela peut être un engrenage parfaitement inconscient : ces dernières découvrent un jour, lorsque le corps est trop affaibli, souvent avec stupeur, qu’elles souffrent d’anorexie mentale. Et entre ces deux extrêmes, il y a toute la palette intermédiaire de personnes avec des mécanismes plus ou moins conscients.

 

L’anorexie, qui faut-il le rappeler, est un trouble du comportement alimentaire reconnu et pouvant évoluer vers une maladie grave, peut atteindre n’importe qui, quelle que soit sa catégorie socio- professionnelle, sa nationalité, sa culture : elle peut arriver à des écrivains comme elle, des acteurs, des infirmières, des médecins (voir ici aussi), des psychologues, des danseurs, …

sac à idées pour vivre des fêtes de fin d’année plus sereinement lorsque l’on souffre de TCA

De nombreuses personnes s’interrogent et s’angoissent à l’approche des fêtes de fin d’année.

Elles apprécieraient avoir quelques informations qui pourraient les aider à vivre ce moment plus sereinement.

Ainsi, je me suis penchée sur ce sujet et vous livre quelques pistes de réflexion, en espérant que cela suscite chez vous qui souffrez de TCA des réflexions qui vous aident à avancer, à combattre vos démons, et peut être effectuer quelques pas de plus pour cheminer vers la guérison.

 

Tout d’abord, quelles questions vous posez vous?

Je vais devoir manger de tout en présence de ma famille, d’amis, cela m’angoisse, vais je y arriver?

Ou bien, je pense que je ne vais pas y parvenir, comment trouver un moyen de dissimuler mon problème?

J’appréhende les commentaires et jugements de mes proches, sur mon comportement alimentaire, sur mon apparence physique, voire même simplement sur mes idées?

Quels mets les plus hypocaloriques choisir?

Comment gérer les éventuelles douleurs digestives si je mange plus que ce dont j’ai l’habitude?

Et certainement moulte questions auxquelles je n’ai pas pensé…

 

Les réponses, vos réponses se trouvent dans les pistes de réflexion suivantes :

-quels SENS, quelles significations ont pour vous les fêtes de fin d’année?

-aimez vous les fêtes de fin d’année ou pas? pourquoi?

-Comment viviez vous les fêtes de fin d’année lorsque vous étiez plus jeune?

-Que feriez vous vous même pour aider une personne que vous aimez à vivre ce moment supposé festif dans les meilleurs conditions possibles ?

 

Il y a autant de réponses possibles que de personnes ! et les réponses se trouvent en chacun de vous… banalités me direz vous, et pourtant, cela vaut le coût que chacun y réfléchisse attentivement. Prenez un bloc notes et répondez précisément à toutes ces questions pendant une dizaine de minutes, cela vous aidera probablement.

 

Voici donc quelques idées :

Premièrement, l’esprit de communion, de partage

Que vous soyez croyant ou athée, l’esprit qui devrait se dégager systématiquement de ces retrouvailles est le partage, le fait de vivre un moment de communion, de rassemblement. Il est vrai que notre société de consommation galopante a, en grande partie, phagocyté la simplicité et  le minimalisme qui devraient être de rigueur. Ainsi certaines en auront l’appétit coupé juste à la vision de ces tables “orgiaques” , quand d’autres iront vomir l’abondance (qu’ils auront accepté par bienséance) en un coin plus reculé. Misez sur le plaisir des retrouvailles, des moments partagés, de ce que vous avez à offrir, sans focaliser sur le côté pantagruélique du repas.

 

 

Je disais donc simplicité :

Et si la simplicité commençait tout bonnement, dans notre comportement, à goûter un peu de tout (sauf vraiment les aliments exécrés : sur le plan émotionnel, cela s’appelle le dégoût et fait intervenir des zones du cerveau dont vous ne pouvez prendre le contrôle ! alors autant respecter votre corps tout de même), en quantité supposée physiologiquement acceptable (par le corps et l’esprit!), soit une demi paume à une paume de main selon votre appétit et le nombre de plats proposés  ; bien entendu, s’il y a trois entrées, deux plats de résistance, avec trou normand au milieu et chariot de desserts, il semble acceptable de ne prendre qu’un quart ou une demi paume de main en terme de quantité ; cela dit, ce type de repas doit bien durer 3 ou 4 heures, cela vous laisse le temps de digérer.

Ne vous forcez pas à terminer coûte que coûte la dinde ultra sèche de tante Simone  au risque d’ être dégoûté(e) à mi repas pour la journée entière. Ecoutez vous un peu aussi (votre instinct profond, avant la maladie, quel était il ?), il est probablement possible de trouver une demi mesure entre tout (prendre de tout trois fois pour faire plaisir aux autres et/ou obéir à votre pulsion boulimique puis tout rejeter ensuite) et rien ou quasi rien si le côté restrictif prend le dessus.

 

Et si l’on disait aussi dégustation ?

Ceci implique en petite quantité, mais aussi pleine conscience, en sachant apprécier le raffinement. Pendant le repas de Noël ou du nouvel An, il ne sera pas question de souvenir (voir la Madeleine de Proust) mais de vivre pleinement l’instant afin peut être de se forger des souvenirs mémorables, et qui sait, agréables : en lisant cette description, ne pensez vous pas que l’instant vécu était intense, plein, concentré ? Le sens du détail est tel qu’il ne peut que l’être! Eh oui, manger en pleine conscience fait partie des 3 axes de recherches actuels pour la gestion thérapeutique de l’anorexie et des TCA. Lors de la dégustation, mettez en action tous vos autres sens (autres que le goût), et appréciez le raffinement de la table de fêtes, de la délicate frise qui ceinture le rebord de votre assiette en porcelaine, de la tenue élégante de votre cousine, du soin que vous avez vous même apporté à votre tenue (d’abord pour vous et en accord avec vos goûts, ensuite pour ceux que vous appréciez).

 

Ensuite, je mentionnerai l’oubli

Oubliée la balance, une fois pour toute sauf pour votre suivi médical par l’équipe soignante, ET oubliez le comptage des calories! Je ne vous donnerai pas de recette pour prendre ce qu’il y a de moins calorique car cela ne serait pas en accord avec ce que je pense. Je ne jugerai pas toutefois que vous le fassiez, puisque cela fait partie de la maladie ; mais on est là pour réfléchir aux moyens de profiter, de lâcher prise, de communier, et non de calculer, de dissimuler, de faire semblant.

 

Une petite parapharmacie de soutien

Sauf contre indication par votre médecin, il est souvent possible d’avoir recours au :

-Charbon activé pour pour soulager les flatulences, les gaz intestinaux, les ballonnements, l’aérophagie, la mauvaise haleine, la diarrhée, la gastro-entérite.  A ne pas prendre en même temps que vos autres médicaments.

-Spasfon Lyoc en cas de douleurs digestives,

-Citrate de Bétaïne lorsqu’on en a “gros” sur le foie car il favorise le métabolisme hépatique : en somme, lorsque l’on éprouve des difficultés à digérer parce que l’on a ingéré plus que notre habituelle quantité, et/ou bien si les aliments sont plus riches qualitativement.

Eviter de boire de l’alcool surtout si vous prenez d’autres médicaments (anti dépresseurs entre autres).

Mastiquez lentement en savourant lors d’un exercice de pleine conscience, cela vous aidera à digérer.

 

 

 

Et si Noël, c’était votre Natalis?

Je fais référence ainsi à une nouvelle naissance,  une renaissance, une naissance de vous même sans la maladie ; cela ne pourrait s’accomplir en un jour, mais si c’était ou si c’est votre voeu, votre souhait le plus cher, pourriez vous vous donner comme ultime objectif de faire de ce jour le début du pèlerinage vers une vie sans TCA et vous y atteler sans relâche? Ce serait la meilleure promesse, le plus beau cadeau que vous pourriez vous faire.

Ce n’est pas si simple, me direz vous ; j’en ai pleinement conscience, j’ai accompagné la chair de ma chair dans la lutte contre l’anorexie et j’aurai tout donné pour la lui prendre cette maladie (y compris ma propre vie), mais jamais oh grand jamais je n’ai abandonné. Et le combat continue au quotidien. Tous les jours un pas de plus, même en descente (il faudra que le dénivelé soit toujours positif au terme de votre combat!), même quand c’est dur : patience et longueur de temps font plus que force ni que rage. Et pour finir, soyez bienveillant et clément avec vous, comme vous le seriez avec la personne que vous chérissez le plus.

 

Je vous souhaite de joyeuses fêtes de fin d’année,  et vous invite à partager dans les commentaires vos astuces afin que tout le monde en profite. ZEN

 

Intérêts de la psychomotricité chez les personnes souffrant d’anorexie

 

En me rendant à l’hôpital pour une journée d’hospitalisation ambulatoire pour mon fils, j’ai vu en salle d’attente une jolie bande dessinée expliquant les intérêts de la psychomotricité. Cette discipline peut être utilisée dans le traitement de l’anorexie mentale. J’ai trouvé cela remarquable et souhaite vous le faire partager.

           Rôle du psychomotricien

Et vous, savez vous à quoi sert la psychomotricité?

Un psychomotricien, une psychomotricienne aide des individus à se réapproprier leur corps. l’individu est considéré dans sa globalité comme un corps, et un esprit. Travaillant sur prescription médicale, il a ses propres spécificités (n’est ni psychologue, ni kinésithérapeute). Ses fonctions et ses champs d’applications sont très variés : la thérapie, la rééducation, l’éducation, les troubles du comportement alimentaire, l’anxiété…

 

              Les items étudiés

Si cela va mal dans notre corps, c’est peut être que cela va mal dans notre tête et inversement : les deux états sont très étroitement liés. Une approche globale permet de faire un travail sur différents items afin de réharmoniser le corps et l’esprit dans un état de bien être, dans un cheminement de mieux être :

le tonus

-le schéma corporel et l’image du corps

-la motricité globale (équilibre et coordination), la motricité fine (graphisme, latéralité)

-organisation, orientation, représentation dans l’espace et dans le temps

 

               Les outils de travail

Le psychomotricien réalise avec son patient un bilan personnalisé afin de déterminer quels outils il va utiliser pour améliorer l’état de cette personne. Les outils doivent permettre à la personne de prendre conscience de son corps et d’éprouver du plaisir (=> bienfait corporel conscientisé : bienfait à l’esprit). Voici les différents outils à sa disposition :

-la voix, le chant

-le théâtre, le mime

-les activités manuelles et créatives

-l’eau, la balnéothérapie

-le toucher, le massage

-le mouvement, la danse

-la musique, les jeux de rythme

– les jeux sensorimoteurs, d’imitation, symboliques

-la relaxation, la respiration

 

Ainsi, dans les prises en charges hospitalières à temps complet ou en ambulatoire, divers ateliers en rapport avec les outils sus cités sont utilisés : peinture, sculpture, jeux de rôles, jeux sensorimoteurs, chant, relaxation. Des groupes peuvent être faits en fonction des préférences de chacun/e.

             Exemples

Au cours de son hospitalisation, mon fils a pu pratiquer la peinture, le dessin, la sculpture (pâte à sel), les jeux sensorimoteurs (circuit les yeux bandés en marchant pieds nus dans différentes matières : amas de billes, différents tissus, paille,  sable, plumes ; divers jeux de devinettes odorantes…).

Voici en images quelques unes de ses réalisations artistiques. Il garde ainsi de bons souvenirs de certains moments hospitaliers, en particulier le circuit les yeux bandés lui a beaucoup plu. Il est utile de savoir que l’hospitalisation n’est pas qu’une source de déplaisir et de souffrances.

 

 

Peinture avec les pieds

 

 

Pâte à sel

 

Lithogravure et lithographie

 

 

Et pour terminer, voici une sculpture en carton pâte (papier mâché) dans le service de psychopathologie du développement du centre TCA à Lyon, magnifique !

 

En psychomotricité, il ne s’agit pas pour le praticien d’évaluer les qualités techniques et/ou artistiques de l’individu mais sa capacité à lâcher prise, à prendre du plaisir dans l’activité et d’identifier ainsi en fonction de chacun les ateliers qui lui conviennent le mieux.

le milieu du mannequinat, la grande manipulation

Victoire Maçon Dauxerre (ex mannequin tombée dans l’anorexie) est l’invitée du journal de la santé avec Marina Carrère  d’Encausse. Victoire présente son livre “Jamais assez maigre, journal d’une top model“.

 

Ses débuts dans le mannequinat ressemblent à conte de fée (5 ans avant la sortie du livre).

Lorsqu’elle est repérée, on lui dit qu’elle est la future Claudia Schiffer (elle mesure 1.78m et pèse 58 kg, son IMC de 18 est déjà en dessous de la norme à 18 ans).

Une fois rendue en agence de mannequinat, les exigences pour prétendre à ce soi disant “rêve presqu’à sa portée” sont annoncées : entrer dans une taille  32 et faire moins de 90 cm de tour de hanches (faisait du 36).

Victoire a perdu 11 kg en 2 mois en  mangeant 3 pommes par jour ; elle ne savait alors malheureusement pas dans quoi elle s’engageait ! Elle venait de rater son concours de sciences Po et une nouvelle opportunité de réussir s’offrait à elle. Tous les désastreux mécanismes de l’anorexie se sont malheureusement enclenchés : d’abord l’ingestion de quantités minimales puis, lorsqu’elle ne perdait plus de poids, la prise de laxatifs puis elle s’est mise à faire des lavements. En voyageant en permanence pendant 6 mois, elle ne voyait pas sa famille et était ainsi dans le déni total de la maladie.

Plusieurs symptômes se sont alors manifestés : elle avait toujours très froid, mal au ventre, sa pilosité s’était accrue, elle présentait des évanouissements (elle a vu une autre mannequin mourir en coulisses d’un arrêt cardiaque). Victoire mentionne “c’est criminel : tout le monde le sait mais personne n’en parle !”  Une autre fille est “tombée dans les pommes” dans un shooting et on lui a amené du poulet! C’est la preuve que l’on sait pertinemment l’état de dénutrition avancée dans lequel sont ces jeunes filles ! Les mannequins n’ont pas plus de considération qu’un objet :  on les appelle d’un claquement de doigts, on les empêche de se couvrir lors des shooting même si elles sont transies de froid.

Victoire évoque des séquelles à vie  : une  relation conflictuelle avec la nourriture ; et au plus mal de sa maladie, une tentative de suicide assortie de 3 mois d’hospitalisation ; elle est à présent sortie d’une  situation de détresse  mais est sujette aux crises d’angoisse, ressent de la culpabilité en mangeant.

Ainsi, elle conclut : “mieux vaut ne jamais tomber dedans , mieux vaut prévenir que guérir car il est très dur de s’en sortir”.

 

Voici un autre lien sur le même thème, qui vous conduit à l’ émission, “trop grosse pour être mannequin” présentée par Sophie Davant et dans laquelle 3 jeunes mannequins témoignent ; également dans cette émission, Nicolas Sahuc diététicien, spécialiste en TCA parle des conséquences graves de la sous alimentation sur l’organisme et Nathalie Garçon , créatrice de mode, dénonce ce diktat de la maigreur dans le milieu de la mode.

CHRONIQUE DE LIVRE : l’orthorexie, quand manger sain devient obsessionnel

Voici dans cet article une chronique d’un livre “l’orthorexie, quand manger sain devient obsessionnel” que j’ai trouvé fort pertinent et bien construit.

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L’auteure, Renée Mac Gregor est diététicienne et nutritionniste spécialisée en sport de haut niveau. Elle accompagne depuis  plus de 10 ans les équipes olympiques et paralympiques du Royaume Uni. Elle est l’auteure de Training food, Votre coach nutrition avant, pendant et après l’entraînement.

Qu’est ce que l’orthorexie ?

De façon succincte, l’orthorexie est le fait de vouloir manger sain exclusivement, comportement qui devient obsessionnel.

A travers cet ouvrage, Renne Mac Gregor, décortique une nouvelle tendance alimentaire, peut être en passe d’être répertoriée par le DSM 5 (manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) comme un nouveau trouble du comportement alimentaire.

Ce comportement alimentaire peut réellement empoisonner des vies dès lors que l’individu qui l’adopte n’a plus le recul suffisant  pour évaluer l’impact de cette conduite sur sa santé. L’individu est emprisonné dans sa conduite et les conséquences de celle ci lui échappent.

La qualité sanitaire de son alimentation devient obsessionnelle et le comportement lié au choix des matières alimentaires devient compulsif : le plaisir de manger disparait, seules comptent les règles alimentaires strictes que l’individu orthorexique s’est fixées.

L’orthorexia nervosa, cette idée de “manger propre” peut être véritablement invalidante et déstructurante pour les personnes qui en souffrent. L’objectif de cet ouvrage est d’expliquer comment manger sain peut mal tourner et comment faire pour lutter contre cela.

Renée Mc Gregor décline ce livre en quatre parties.

Première partie, l’orthorexie , SES causes et Ses symptômes.

Le terme “orthorexie” voit le jour en 1996 lorsqu’un médecin américain, le Dr Steven Bratman observe des patients présentant une obsession de se nourrir sainement : il nomme alors ce comportement “orthorexia nervosa ” autrement dit l’obsession d’une alimentation correcte.

L’auteur, dans un tableau comparatif, décline  les troubles alimentaires suivants : l’anorexie nerveuse, la boulimie nerveuse et l’orthorexie nerveuse, en comparant notamment les grandes tendances pour chaque trouble, l’image du corps associé, les symptômes physiques, et émotionnels. Il en découle que l’orthorexie, n’est pas une unique volonté de manger sain mais traduit une obsession de la recherche de pureté dans la façon de vivre.

Un schéma à bulles traduit les différentes caractéristiques (communes ou isolées) de l’orthorexie corrélées aux TOC et à l’anorexie.

Les causes de l’orthorexie

Elle dénonce le concept “trop d’information tue l’information” : en fait, l’information mal utilisée ou mal interprétée par l’individu qui la reçoit peut être hautement nuisible. Or, de nos jours, la compétition dans la presse est ardue : quel journal va sortir le meilleur régime express? quel promet tel ou tel résultat en moins de X jours, pour être la plus belle en maillot de bain, le plus musclé ? Ceci n’est même pas caricatural… Et c’est bien dommageable. Ainsi, savoir trier l’information, surtout à cette époque d’explosion des réseaux sociaux,  pour ne pas subir la désinformation reste crucial. Les personnes vulnérables sur le plan psychologique et /ou somatique sont des cibles faciles pour ces vendeurs de rêve. Ces personnes doivent donc impérativement être suivies sur le plan médical et /ou psychothérapeutique, ce qui, lors de maladies “psychologiques”, demande parfois plusieurs années.

Les individus qui dérivent vers un comportement orthorexique ont souvent pour objectif le perfectionnement d’eux mêmes, par la qualité de leur alimentation : il s’agit d’un facteur sous jacent fondamental. Il est plutôt bien, me direz vous, d’être à la recherche de perfectionnement de soi même : toutefois, lorsque cet objectif est celui de personnes ayant peu d’estime d’elles mêmes, de confiance en elles, ayant un besoin excessif d’être parfaites, ou un manque d’auto compassion, le comportement alimentaire devient alors souvent source de stress, d’anxiété et le cercle vicieux s’installe.

les symptômes de l’orthorexie

Le fait de se cacher derrière une allergie alimentaire, pourtant non diagnostiquée est commun chez les individus orthorexiques. Une intolérance ou une allergie alimentaire reste un diagnostic médical.

Des individus souffrant de TOC (troubles obsessionnels compulsifs) sont plus susceptibles d’être atteints d’orthorexie. Cela s’explique notamment par un besoin de contrôle permanent sur tout et n’importe quoi, qui leur donne l’illusion d’avoir le contrôle de leur vie.

Les individus orthorexiques peuvent avoir des rituels particuliers en lien avec la nourriture, refuser de manger les repas concoctés par quelqu’un d’autre, refuser les invitations qui impliquent la prise de repas. Ces personnes expriment parfois des remords d’avoir transgressé les règles, éprouvent un sentiment de culpabilité.

Pour déjouer les pièges de la désinformation, de l’injonction perpétuelle via internet, via la presse,  des mythes de “manger propre”, chacun doit trouver ses propres ressources dans lesquelles puiser, et déterminer ses besoins spécifiques. Nous sommes tous des funambules en équilibre, mais chacun son fil, chacun son pas, sa hauteur…

Deuxième partie : régime et nutrition, les fausses promesses de l’orthorexie

En théorie, Manger est naturel et ne doit pas être une source de privation, ni suivre des règles strictes. Cela devrait être ainsi donc en pratique, pour tous.

Si des changements nutritionnels sont instaurés, ils sont supposés être durables, positifs et améliorer la santé de l’individu. C’est lorsque ces changements deviennent obsessionnels ou contraignants qu’ils enferment l’individu dans un trouble de l’alimentation sous-tendu par une fausse promesse.

De par sa résilience, le corps soumis à certaines privations va s’adapter pour continuer à fonctionner. L’Orthorexie est un trouble alimentaire difficile à repérer tant que la situation n’est pas devenue extrême.

Les besoins nutritionnels du corps

Il y a 11 systèmes principaux dans le corps, et chacun d’entre eux nécessite une nutrition optimale et équilibrée pour son fonctionnement, faisant en général appel à toute la diversité des macros nutriments et ainsi à toutes les familles d’aliments.

Le système circulatoire et cardio-vasculaire, le système digestif, le système endocrinien, le système exocrine, le système immunitaire, le système musculo – squelettique,  le système nerveux, le système rénal, le système reproducteur, le système respiratoire, le système sensoriel. Tous ces systèmes ont besoin d’hydrates de carbone, de protéines, de graisses comme macro nutriments.

Ils ont aussi besoin de micro nutriments : Fer, calcium, potassium, zinc, vitamines, D C B….

une kyrielle de régimes

L’auteur décline ensuite les régimes pauvres en glucides , en graisses, pauvres en produit laitier , riches en protéines, pauvres en gluten, sans sucres… : elle explique quelles sont les promesses de chaque régime, puis élabore une critique constructive en déterminant quelles sont les assertions vraies et celles qui relèvent de l’imposture.

Elle analyse également quelles sont les quantités recommandées dans chaque famille de macro nutriments.

Ce cortège de régimes, qui fait en permanence les gros titres des magazines afin de vendre du rêve peut donc s’avérer toxique ; seul un médecin nutritionniste, un diététicien ou autre professionnel de santé (gastro-entérologue, endocrinologue…) peut dans l’absolu  indiquer individuellement si quelqu’un a besoin de tel ou tel “régime”.

Troisième partie,  comment se libérer de l’Orthorexie.

Premièrement il est important de rappeler que seuls les professionnels de santé peuvent établir un diagnostic de maladie de Crohn, d’intolérance au gluten,…

Deuxièmement, Internet si merveilleux soit-il est le lieu d’une abondance en informations mais aussi de désinformation.

En effet personne ne régule qui “poste” quoi, et qui prétend être un expert dans son domaine.

L’auteur retient le principe de la modération, et surtout elle l’explique.

Aucune nourriture ne doit être diabolisée!

De surcroît, l’équilibre alimentaire dépend de l’activité physique de l’individu : modérée, sédentaire ou très actif.

Si l’individu ne sait plus se repérer au milieu de toutes ces “injonctions” nutritionnelles, il doit faire appel à un diététicien, ou un médecin nutritionniste qui établira de façon personnalisée le meilleur régime alimentaire.

Manger sainement est finalement une affaire d’équilibre nutritionnel, à atteindre sur une certaine durée et non pas sur une journée.

Il est important aussi de s’écouter, de respecter ses goûts et de prendre plaisir à composer de nouvelles assiettes, la nourriture devant être considérée comme un ami, et/ou comme un art (Alexia Savey en témoigne dans sa demande aux grands chefs de l’aider à combattre sa maladie).

Il est urgent d’écouter son corps et de faire confiance à cette capacité innée que nous avons tous de réclamer une nourriture spécifique quand quelque chose nous fait défaut. Il est important de relâcher les règles et prendre confiance en soi pour échapper à l’Orthorexie.

Prendre soin de son esprit et faire preuve d’auto compassion sont des capacités fondamentales à développer, à travailler chez l’individu orthorexique.

L’exercice physique pratiqué de façon adaptée permettra également d’équilibrer le corps et l’esprit (relâchement du corps et des tensions, régulation et évacuation du stress par la production d’endorphines naturelles…) .

Quatrième partie : comment croquer la vie à pleines dents

Si vous pensez être atteint d’orthorexie, il est conseillé de :

– s’entourer de professionnels compétents avec lesquels instaurer une relation de confiance : médecins en cas de troubles somatiques, spécialistes de la nutrition (diététicien, médecin nutritionniste, experts de la santé mentale (psychothérapeute psychologue psychiatre). Renée Mc Gregor détaille comment choisir ses thérapeutes.

-prendre de la distance avec les réseaux sociaux (savoir qu’une méthode qui marche pour l’un ou l’une peut ne pas fonctionner pour un/e autre voire être contre indiquée), de pratiquer le yoga et/ou la méditation

accepter les divers plaisirs de la vie, notamment celui de manger mais pas uniquement (apprécier trois choses simples par jour : concept à rapprocher de la méditation de pleine conscience), ne pas viser la perfection en permanence ce qui est impossible et dès lors cause de la frustration et du déplaisir!

Renée Mc Gregor émet le souhait d’accroître la prise de conscience collective concernant l’orthorexie : l’orthorexie existe probablement depuis longtemps mais est mal documentée et peu connue ; pourtant, elle peut être un trouble grave menant parfois à d’autres TCA, et gagne à être mieux connue et dépistée.

remarque : Une grille d’évaluation (ORTO-15) existe pour diagnostiquer l’orthorexie mais est sujette à controverses (échantillonnage, fiabilité des réponses…)

J’espère que cette chronique vous a plu et vous incitera à lire cet ouvrage fort enrichissant !

une clé de lutte de contre l’anorexie mentale : modifier ses habitudes

Quatre vingt dix neuf (99 %) de nos actions reposent sur des habitudes !

Et lorsqu’elles sont mauvaises, cela pose réellement un problème, notamment concernant des personnes atteintes d’anorexie mentale ; ces individus sont parfois, voire même souvent très résistants au changement : la maladie elle même contribue à cette résistance car elle agit comme une “drogue”. Or pour combattre la maladie, il est nécessaire d’introduire de petits changements, tous les jours, pour avancer ainsi pas à pas vers la guérison.

 

Qu’est ce que l’habitude?

Voyez comment René François Sully Prudhomme décortique l’habitude à travers ce poème.

Comment s’insinuent nos habitudes dans notre quotidien ?

 

L’habitude est une étrangère

Qui supplante en nous la raison : 

C’est une ancienne ménagère

Qui s’installe dans la maison.

 

Elle est discrète, humble, fidèle,

Familière avec tous les coins ; 

On ne s’occupe jamais d’elle,

car elle a d’invisibles soins : 

 

Elle conduit les pieds de l’homme,

Sait le chemin qu’il eût choisi,

Connaît son but sans qu’il le nomme

Et lui dit tout bas : “par ici”.

 

Travaillant pour nous en silence,

D’un geste sûr, toujours pareil,

Elle a l’oeil de la vigilance, 

Les lèvres douces du sommeil.

 

Mais imprudent qui s’abandonne

A son joug une fois porté!

Cette vieille au pas monotone

Endort la jeune liberté ; 

 

Et toux ceux que sa force obscure

A gagnés insensiblement

Sont des hommes par la figure, 

Des choses par le mouvement.

 

Pourquoi pose-t-elle problème?

On peut donc voir que l’habitude est sournoise, elle s’insinue dans nos vies sans forcément faire grand bruit, et lorsqu’il s’agit de perfectionnisme, de mésestime de soi, de restriction alimentaire, d’hyperactivité physique,  ces habitudes contribuent à l’installation d’abord de comportements alimentaires déviants (ou troubles du comportement alimentaire) qui mènent parfois à une maladie psychosomatique grave, l’anorexie mentale.

Alors, pourquoi est- il si difficile de changer nos habitudes?

Comment changer de façon pérenne et dans de bonnes conditions?

Craignez vous le changement et pourquoi?

 

Autant de questions auxquelles il est intéressant de réfléchir puis de répondre, surtout lors de troubles du comportement alimentaire. Souvenez vous, lors des présidentielles de 2012, un slogan phare pour redresser la situation française de notre ancien président de la République était : “le changement, c’est maintenant !”

Chaque individu souffrant de TCA devra trouver sa  ou ses réponses afin d’instaurer des changements progressifs et durables et s’extirper du joug de la maladie.

 

Selon Christophe André, “c’est parfois un miracle de changer ses habitudes dans sa vie, tellement il y a d’obstacles ou de freins”.

Effectivement selon James Teboul, le changement est difficile car il faut changer les habitudes et le cerveau n’aime pas le changement ; il va changer par glissements successifs, tout doucement, car le cerveau n’aime pas la révolution. Ce sont des données récentes prouvées par les neurosciences.

Ceci explique pourquoi la prise en charge des  individus souffrant d’anorexie mentale  (dont les comportements  sont devenus chroniques) est plus délicate et le pronostic plus réservé.

Si les troubles du comportement alimentaires sont ancrés dans le quotidien depuis des années, de nombreux patients en souffrance chronique pensent qu’ils ne pourront jamais s’en défaire, qu’ils devront vivre avec.

 

Et pourtant, il est bel et bien possible de contrer cette maladie, de nombreuses personnes en témoignent, comme par exemple, Nicole Desportes, dans son livre “Voyage jusqu’au bout de la vie“, qui s’en est sortie au bout de 25 ans d’anorexie.

Barbara Leblanc, évoque aussi son combat dans son livre “Dix ans de chaos“.

Alexia Savey, jeune et brillante auteure, toujours dans le combat, publie un recueil extrêmement touchant de cette lutte acharnée dans “la faim du petit poids“.

 

Christophe André explique que, dans son métier de psychiatre, le changement des habitudes constitue le coeur des attentes des personnes qui viennent en consultation, et cela leur est très difficile.

 

Comment changer les habitudes des personnes souffrant de TCA et notamment d’anorexie ?

La clé du succès est la méthode des petits pas, il faudra vraiment une progression très lente.

Si vous changez de 1% par jour, au bout de deux mois, vous vous serez amélioré de 60 %.

 

La première étape est de clarifier ses attentes, c’est à dire de définir très précisément  ses objectifs en les couchant sur le papier. Quels pourraient être ces objectifs, concrètement ?

  • Chez les individus souffrant d’anorexie mentale, la première et meilleure des décisions est de se faire accompagner par une équipe médicale pluridisciplinaire formée dans les TCA.

 

  • Le objectif consiste à prendre soin de soi (care giving) comme le ferait une mère bienveillante avec son petit. Voyez plutôt:

 

On peut décliner le soin de soi en : soins du corps, soin du psychisme, des émotions. De nombreuses disciplines permettent de procurer ces soins, alliant parfois soins du psychisme et du corps en même temps : yoga, relaxation, méditation, sophrologie, massages, psychomotricité.. la liste peut être très longue.

  • La personne malade doit développer de l’auto bienveillance, de l’auto compassion ; elle peut pratiquer le monologue positif. Il est important que le malade apprenne l’acceptation, de soi, de son corps, de ses émotions, de sa maladie. L’analyse de ses émotions, qui peuvent mener à des pensées négatives et/ou erronées est cruciale, et permettra de prendre de la distance, du recul via à vis des émotions négatives et d’être moins submergé par elles. Une psychothérapie, notamment les approches cognitivo comportementales peuvent être utilisées pour parvenir à cela.

 

  • Chaque personne souffrant d’anorexie doit chercher à déterrer les traumatismes de l’enfance, de l’adolescence, ou de l’âge adulte en utilisant la psychothérapie, l’hypnose, l’EMDR, … et pourra panser ainsi ses plaies.

 

  • il est important de supprimer la balance et la pesée (s’en remettre pour cela au corps médical avec des intervalles raisonnables), et supprimer le comptage des calories.

 

  • se réapproprier de bonnes habitudes alimentaires, que ce soit en quantité et en qualité par rapport à ses propres besoins (croissance, activité physique…) : pour cela, se rapprocher d’un diététicien spécialiste en TCA, ou d’un médecin nutritionniste.

L’idéal est de réapprendre à se nourrir en dehors de l’hôpital, c’est à dire en ambulatoire, excepté lorsque les individus anorexiques sont dénutris et ne parviennent plus du tout à manger : dans ce cas, une hospitalisation s’avère nécessaire ainsi que la pose d’une sonde d’alimentation, sur décision de l’équipe médicale.

Lorsque l’individu est très “frugal” et/ou peu motivé dans la préparation des repas, il peut s’aider efficacement des compléments alimentaires liquides (type Fresubin, Delical…) qui seront faciles à digérer et limiteront l’inconfort digestif ; ces compléments représentent un filet de sécurité le temps que l’individu reprenne une alimentation plus traditionnelle et diversifiée.

Enfin, réapprendre le plaisir de manger, en jouant sur les couleurs, les accords de saveurs. Alexia Savey est une pionnière dans l’art de solliciter les grands chefs cuisiniers : elle leur a lancé le défi de lui concocter des petits plats qui pourraient séduire ses papilles endormies afin de lutter contre sa maladie. Petite mise en appétit en observant quelques plats de chefs :

 

                                                         

 

Une fois cette liste d’objectifs définie et personnalisée, l’individu malade a besoin de…….

Mettre en application au quotidien par la méthode des petits pas !

Les idées c’est bien, les appliquer c’est mieux!

Beaucoup de malades se plaignent de la difficulté à mettre en oeuvre ce qu’ils voudraient accomplir pour guérir. C’est légitime car l’anorexie une fois ancrée est une maladie. C’est pourquoi il ne faut pas cheminer seul mais accompagné médicalement, psychologiquement, et socialement (amis, famille, ceux qui comprennent la maladie et apportent un soutien enveloppant et non jugeant car le contraire fait plus de dégâts).

Une fois intégrée la nécessité du changement des habitudes quotidiennes, la réalisation d’un agenda quotidien permet de noter ses objectifs, chaque jour, en nombre raisonnable (trois par exemple) et atteignables (on ne gravit pas le Mont Blanc en une heure!). Les personnes manuelles préférons le papier, la plume, les couleurs ; d’autres, plus “geeks” pourront utiliser leur smartphone avec l’application Habitica, qui leur servira de véritable coach au quotidien.

Règle d’or numéro un :  si l’objectif choisi comme réalisable n’est pas atteint dans le temps voulu, la personne atteinte de TCA ne doit pas se flageller pour cela! Elle doit se souvenir de pratiquer l’auto compassion, l’autobienveillance et remettre la partie non accomplie au lendemain, et ceci tant que l’objectif ne sera pas atteint.

Deuxième règle d’or, chaque palier d’objectifs franchis doit amener à célébrer une victoire, victoire sur soi (ses démons), victoire sur la maladie. S’accorder des plaisirs sains et partagés renforcent la motivation de poursuivre dans cette voie !

 

 

En conclusion, on constate  combien le changement des habitudes est important pour se sortir de cette maladie, et que ce changement a un “coût” : en effet, le changement est perçu comme une menace à la routine et à la sécurité (données des neurosciences, en rapport avec l’évolution) : mais lorsque la maladie prend le dessus, l’individu est bien loin d’être en sécurité.

Et tout ce qui est perçu comme une menace à la routine et à la sécurité provoque une résistance émotionnelle.

Chaque malade, une fois convaincu de la nécessité du changement, pourra définir ses propres objectifs (atteignables et réalistes), utiliser la technique des petits pas chaque jour pour s’en rapprocher progressivement et s’entourer d’une équipe médicale compétente en TCA qui pourra l’aider à mettre en oeuvre ces changements et croquer la  vie sans TCA !

Dépasser l’utopie, vers une symbiose thérapeute/co-thérapeute ?

Je défends ardemment dans mes derniers articles la position de Solange Cook Darzens, docteur en psychologie et thérapeute familiale (hôpital Robert Debré, Paris) : elle prône une collaboration étroite entre thérapeutes et parents : ces derniers sont intégrés dans la thérapie en tant que co-thérapeutes dans l’intérêt premier du malade. On redonne à la famille un rôle clé et un sentiment de compétence.

En effet, selon le Dr Cook Darzens, les familles ne doivent pas être tenues à l’écart de la prise en charge par les professionnels mais être partie prenante, accompagnées, déculpabilisées et valorisées.

 

 

Dans cet article,  je vois cette collaboration étroite entre l’équipe médicale et les parents comme une symbiose.

 

Qu’est ce qu’une symbiose?

Une symbiose est, selon la définition du Larousse, une association étroite de deux ou plusieurs organismes différents (on y verra dans ce cas une association entre deux ou plusieurs humains), mutuellement bénéfique, voire dans certains cas indispensable à leur survie. La symbiose est fréquente entre les micro-organismes [symbiotes] et des plantes ou des animaux.

Sur un  plan émotionnel, il s’agit d’une relation marquée par une union très étroite et très harmonieuse.

 

Allez, une magnifique métaphore, en image :

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(issue du magazine Okapi 10-15 ans, septembre 2018)

 

Vous pouvez observer un poisson à l’intérieur d’une méduse : il ne semble pas souffrir des propriétés urticantes de la méduse, et celle ci lui garantit abri et protection contre d’éventuels prédateurs. Lorsque le poisson sera plus grand, il délaissera la méduse.

 

Quelles analogies cette image peut-elle nous laisser imaginer?

Plusieurs scénarii, selon votre imagination, sont possibles ! En voici un :

  • Ce que l’équipe soignante apporte à la famille :

  • L’équipe soignante, à l’image faussement urticante pour certaines familles, n’est pas là pour juger une famille dysfonctionnelle, psychosomatique ou anorexigène comme ce fut le cas il y a quelques années. Les équipes bien formées, possèdent ces tentacules enveloppantes, visant à accompagner la famille avec tact et bienveillance, afin d’extraire par le dialogue, puis de mobiliser, les compétences familiales contribuant à la guérison.
  • La famille, représentée par le poisson, pourra construire un partenariat solide, une alliance thérapeutique, qui lui permettra, petit à petit de vaincre les dysfonctionnements familiaux installés et amplifiés suite à la crise anorexique.
  • Ainsi, la collaboration famille/thérapeute se révèle être une des pierres angulaires de la prise en charge thérapeutique du patient anorexique. Et pour preuve, c’est bien la collaboration, la coopération qui a fait de l’homo sapiens sapiens l’espèce “souveraine” sur notre planète, comme en témoigne le brillant auteur Yuval Noah Harari dans son ouvrage Homo Deus.

 

           Les détracteurs de cette idée de collaboration argueront que la famille n’est pas le thérapeute du malade. Et cela est fort regrettable. En effet, lorsqu’elle est guidée et aiguillée par une équipe médicale à l’écoute et compétente en thérapie familiale, l’immense majorité des familles recèle des forces insoupçonnées permettant de contribuer à la guérison de la maladie d’un de ses membres.

 

Afin de rebondir positivement sur le partenariat en bonne intelligence, on peut constater que certains hôpitaux  en Europe (Maudsley hospital, Londres, voir le documentaire Chère Anorexie) proposent des modules de formation dans la gestion de l’anorexie mentale communs  aux infirmiers et aux parents, tant leurs besoins et objectifs sont jugés proches : tous veulent la prise en charge efficace et la guérison de l’individu souffrant d’anorexie ! Un projet utilisant la participation active d’anciens malades semble en cours au CHU d’Angers.

 

Et qu’apporte le poisson à la méduse? En d’autres termes, qu’apporte la famille à l’équipe soignante?

Chaque famille tente de mobiliser, comme elle peut, les ressources afin de faire face à la maladie ; cela s’appelle le “coping”. L’harmonie familiale est fortement ébranlée par la maladie de l’un de ses membres ; le “coping” peut être inadapté ou maladroit mais grâce à la bienveillance et l’encadrement professionnel d’une équipe bien formée en TCA, la famille peut identifier efficacement ses compétences et ainsi devenir co-thérapeute efficient, et n’est plus seulement un co-patient.