Habilitation des proches d’une personne atteint d’un trouble du comportement alimentaire

Cet article est destiné aux proches et aidants de personnes en proie à un trouble du comportement alimentaire. J’espère qu’il aidera les proches à mieux comprendre l’importance de leur rôle, l’importance de s’informer sur les TCA, et l’importance de se faire accompagner aussi en tant qu’aidant.

Emotions initiales ressenties par un proche d’une personne atteinte d’un trouble du comportement alimentaire

😱La peur est une réaction normale lorsqu’un être cher est en crise.

La peur peut nous empêcher de faire appel à notre sagesse.

Elle peut aussi nous pousser à essayer de gérer ce qui ne nous appartient pas.

Lorsque la peur domine, la frontière entre le soutien d’un soignant ou d’un parent et le fait de permettre à un membre de la famille de lutter contre un trouble de l’alimentation peut devenir floue.

Outre la peur, nous pouvons ressentir une série d’émotions douloureuses : colère, tristesse, désespoir, découragement, sentiment d’impuissance…

Habilitation ou capacité à protéger, à prendre soin

L’habilitation est définie comme « le fait de protéger quelqu’un contre les conséquences de son comportement ».

Nous sommes absolument terrifiés à l’idée que notre proche disparaisse sous nos yeux – quel que soit son poids-…

Il est absent de son corps, comme si son véritable moi avait été détourné par ce « monstre » et que nous ne le trouvions pas.

Ce que nous voyons devant nous et entendons en retour n’est plus la personne que nous connaissions. De temps en temps, nous avons des lueurs d’espoir, un peu comme lorsqu’un être cher est atteint de la maladie d’Alzheimer. Cela nous donne un espoir momentané… et de la douleur.

Les membres de la famille ne veulent pas voir un être cher souffrir. Et le fait d’être étiqueté comme étant « empêtré » ou comme étant un « parent anxieux » augmente la souffrance de chacun. Nous ne sommes pas formés pour savoir comment tolérer la détresse d’un proche et comment gérer notre propre détresse en le voyant souffrir. De ce fait, nous avons besoin de soutien et de formation à cet égard. En effet, initialement, nous avons une réaction normale à une situation anormale.

À un moment donné, tous les aidants familiaux apprennent à quel point les troubles alimentaires sont mortels. C’est terrifiant.

Nous avons besoin d’aide pour calmer les peurs.

👪💪Nous pourrons alors être des aidants calmes, compatissants et confiants.

Dans le domaine des troubles de l’alimentation, les parents terrifiés peuvent s’impliquer au point de soutenir, sans le vouloir et sans le savoir, les comportements de leur enfant ou de leur proche atteint de troubles de l’alimentation. En conséquence, l’enfant/la personne aimée peut devenir excessivement dépendante de l’aide du parent/du membre de la famille, ayant l’impression d’avoir besoin de son parent pour pouvoir se rétablir.

Les parents peuvent consacrer tout leur temps et toute leur énergie à aider leur enfant tout en négligeant leurs propres sentiments et besoins. Pour une personne extérieure, il peut sembler que le parent ou le soignant se sacrifie simplement pour aider son enfant au mieux de ses capacités. Cependant, ce type de relation commence à peser sur l’enfant et le parent, et peut donner à ce dernier l’impression qu’il doit « réparer » son enfant.

Les lecteurs de cet article ont aussi lu : « comment un parent ou proche peut agir lors de vomissement chez une personne atteinte de TCA »

4 clés pour les aidants d’une personne atteinte d’un TCA

Il est essentiel que les membres de la famille s’impliquent, et qu’ils prennent en compte ces 4 éléments :

*Distinguez votre enfant (ou membre de la famille) du trouble alimentaire lui même.
*Prendre EXTRÊMEMENT soin de soi.
*Apprenez-en le plus possible sur ces maladies complexes et mortelles.
*Obtenir le soutien d’une (ou plusieurs) personne qui connaît bien les troubles alimentaires.


Comment pouvons-nous faire ces choses lorsque nous devons protéger quelqu’un contre les conséquences potentiellement mortelles de son comportement ? Nous l’aimons et ne voulons pas la/le voir souffrir. Nous voulons qu’il/elle vive.

Afin d’être habilité à mieux accompagner notre proche, voici maintenant ce qu’il est déconseillé de faire, puis au contraire ce qui est préconisé.

Ce que les aidants doivent éviter lorsqu’ils soutiennent une personne atteinte d’un TCA

Ce qu’il est déconseillé de faire, ou de quoi se protéger :

  • Essayer de régler à tout prix le désordre alimentaire
  • Arrêter de vivre
  • S’inquiéter tout le temps
  • Déresponsabiliser l’être cher
  • Être pris en otage par le trouble alimentaire
  • Perdre espoir
  • Arrêter de dormir
  • Réduire le sentiment d’autonomie de la personne malade
  • Se retrouver soi même au fond du gouffre
  • Subir l’ascenseur émotionnel
  • Retirer l’autosuffisance de la personne soutenue
  • Devenir rancunier
  • Se sentir épuisé


✨Résultats : L’épuisement, la colère, l’amertume, la maladie, la frustration et les troubles alimentaires prennent le dessus et votre proche peut se sentir désarmé et/ou encore plus coupable, ou que l’on veut le contrôler

Ce qu’il faut privilégier lorsqu’on est aidant d’une personne atteinte d’un TCA

Redonner leur le pouvoir

  • Pouvoir ressentir de la culpabilité au début (car cela implique une remise en question, et non une culpabilité, et créé une habileté à induire le changement)
  • Faire partie intégrante de l’équipe
  • Soutenir le processus thérapeutique
  • Profiter à nouveau de la vie
  • Réduire la détresse
  • Modéliser des comportements de santé
  • Accroître la compassion
  • Réduire l’épuisement professionnel
  • Accroître l’espoir de guérison
  • Apprendre à valider
  • Communiquer efficacement (à ce propos, je vous recommande vivement la lecture « écoutez pour que les enfants parlent, parler pour que les enfants écoutent« )
  • Rester calme
  • Cessez de vivre uniquement en fonction du trouble alimentaire
  • Réduire le drame
  • Prendre soin de soi
  • Augmenter la confiance en soi
  • Réduire notre propre détresse
  • Augmenter la capacité à tolérer la détresse de l’enfant


🎗✨Résultats : Nous cessons de nous perdre et devenons plus efficaces pour soutenir notre proche.

J’espère que cela vous donne quelques idées et l’espoir de commencer à expérimenter les bénéfices de l’apprentissage de différentes manières de fournir un soutien.

Continuez à aimer, à soutenir, à être présent. Et, surtout, gardez votre propre liste de choses à faire. N’oubliez pas que prendre soin de soi n’est pas égoïste et que cela contribuera à augmenter les chances de guérison de votre proche.

Si vous, ou l’un de vos proches, avez besoin de plus de soutien pour limiter l’ascenseur émotionnel, pour être plus calme, plus compatissant et plus confiant dans votre rôle d’aidant, n’hésitez pas à me contacter.

Aider et soutenir un proche

Les lecteurs de cet article ont aussi lu « 13 conseils pour savoir comment agir avec une personne souffrant d’anorexie et/ou de boulimie »

Sources :

Fear, love and not enabling de Becky Henry

Images : Image « Care » John Hain de Pixabay

« Empower » : Image par FaithGiant de Pixabay

image main Image par John Hain de Pixabay

image coucher de soleil : Image par Sasin Tipchai de Pixabay

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2 commentaires sur « Habilitation des proches d’une personne atteint d’un trouble du comportement alimentaire »

  1. Très intéressant cet angle du vue… On ne pense pas forcément en premier lieu aux aidants, accompagnants ou proches. Avec le temps je pense que les réflexes et bonnes attitudes s’installent mais autant anticiper. Merci

  2. Les proches de personnes souffrant de TCA se sentent impuissants et pourtant ils ne le sont pas. Ils sont souvent d’un grand soutien mais ils doivent se faire guider par les professionnels de santé et avoir eux mêmes du soutien pour gérer leur propre détresse

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