L’OUVRAGE CLE QUE TOUS LES THERAPEUTES ET PARENTS DEVRAIENT LIRE

L’OUVRAGE CLE QUE TOUS LES THERAPEUTES ET PARENTS D’ENFANT ET ADOLESCENT SOUFFRANT D’ANOREXIE MENTALE DEVRAIENT LIRE

Il y a certains livres qui changent définitivement votre vie, et je dirai même qui vous sauvent la vie.

Le livre de Solange Cook Darzens  : APPROCHES FAMILIALES DES TROUBLES DU COMPORTEMENT ALIMENTAIRE de l’enfant et de l’adolescent   en est un assurément.

  • Initialement destiné aux cliniciens qui interviennent auprès de jeunes souffrant de TCA et de leur famille, je pense sincèrement que ce livre peut être lu par tous ceux qui s’intéressent à l’anorexie mentale ; qu’ils soient parents, membres de la famille élargie, et bien sûr  membres des corps de métiers intervenant dans la prise en charge et la compréhension de l’anorexie mentale : aide soignant(e)s, infirmier(e)s, médecins, pédiatres, pédopsychiatres, psychologues, diététiciens, chercheurs…

 

  • Cet ouvrage est un véritable guide de bonnes pratiques, un guideline, aiguillant finement toute personne confrontée à la prise en charge de ces individus anorexiques en détresse. Ce guide réussit à nous faire pénétrer dans l’univers quasi insondable au premier abord de cette maladie complexe.

 

  • Forte de 25 ans d’expérience lors de l’écriture de cet ouvrage, et utilisant 395 références bibliographiques (!), Solange Cook-Darzens, permet à ses lecteurs de faire un pas de géant dans la compréhension et la prise en charge de l’anorexie mentale. Je pense que les principes exposés dans ce livre s’appliquent bien au delà de l’enfance et de l’adolescence  car l’adulte souffrant d’anorexie est peut être un enfant meurtri, un adolescent incompris, qui ne demande qu’à se réaliser pleinement dans sa vie d’adulte, libéré de l’anorexie.

 

  • Une idée centrale  doit être à présent largement véhiculée et médiatisée par ses défenseurs (dont je fais partie)  : l’établissement de l’alliance thérapeutique avec les parents est un bras de levier précieux et une condition indispensable dans la réussite de la thérapie ; ainsi elle place les parents et la famille en co-thérapeutes, acteurs du changement, plutôt que responsables de la maladie anorexique de l’enfant ou l’adolescent  : il s’agit de faire équipe avec la famille dans la bienveillance et l’empathie afin d’opérer les changements majeurs permettant à l’enfant/ado anorexique de s’extirper des griffes de la maladie : un combat ensemble en bonne intelligence. Solange Cook Darzens est réfractaire aux stratégies d’intimidation et à la manipulation exercée sur les familles par certaines équipes thérapeutiques.

 

  • Dans une première partie, SCD plante le décor : loin d’être uniquement théorique, elle présente une démarche résolument pragmatique et appliquée : elle balaie (de façon quasi exhaustive et historique) une quantité de théories et d’approches utilisées dans la gestion de l’anorexie mentale pour en extraire la quintessence en matière de prise en charge appliquée sur les principes de l’ “evidence based medicine” : il s’agit de valider et “conceptualiser” des théories ayant fait leurs preuves en pratique!

 

  • Dans une deuxième partie, forte de nombreuses années d’expérience clinique aux Etats unis, elle expose une démarche intégrative, utilisant pour chaque famille et individu malade, une combinaison de théories (ou concepts), qu’elle juge les plus adaptées à la situation : il s’agit d’élaborer une consultation familiale intégrée ; elle refuse ainsi les dogmes et une vérité unique et tente de s’adapter parfaitement à chaque situation particulière. Son livre fourmille d’exemples concrets et détaillés, qui permettront peut être à bon nombre de familles de se reconnaître dans certaines situations.

 

  • L’idée de famille co-patient et co-thérapeute présente un modèle relativement novateur en France (au maximum une dizaine ou quinzaine d’années et encore trop peu répandue sur l’ensemble du territoire français à en lire les nombreux témoignages) : la thérapie familiale s’appuie sur les ressources et compétences de la famille plutôt que d’appuyer lourdement et douloureusement sur ses déficits et ses incompétences. Quel thérapeute soigne efficacement en appuyant là ou cela fait mal? Pas beaucoup me direz vous de façon évidente… Et pourtant, c’est encore pratique commune en ce qui concerne l’anorexie mentale, et il faut que cela change ! Les familles doivent devenir les partenaires de soins, acteurs de la guérison de leur enfant /adolescent, guidées par des équipes médicales  empathiques et surtout formées à la prise en charge bien spécifique à cette maladie, ce qui est loin d’être la règle à l’heure actuelle. Enfin, elle aborde certains aspects plus spécifiques de la maladie et notamment l’anorexie mentale prépubère, l’anorexie mentale chez le garçon et adolescent, le rôle et la place de la fratrie. Elle termine cette troisième partie par des notions  de prévention très pertinentes.

 

En conclusion, un ouvrage INCOURTOURNABLE, INDISPENSABLE voire VITAL pour certains! J’exprime une profonde gratitude envers cette psychologue clinicienne d’une grande compétence et d’un grand humanisme.

cliquez sur le lien image    pour acheter le livre (lien affilié me permettant de faire vivre le blog).

Je vous invite vivement à commenter cet article et à le partager.

COMPRENDRE L’ANOREXIE MENTALE PRE PUBERE

                  L’annonce du diagnostic de la maladie de mon fils début juillet 2017 fut un véritable coup de massue : il souffrait d’anorexie mentale pré-pubère. Quelle était cette maladie étrange?

Après une phase de stupeur de courte durée, je n’avais pas le temps de m’appesantir sur ma douleur. Il fallait comprendre vite et bien de quoi il s’agissait. Mon fils était en danger de mort. Les parents ont des ressources insoupçonnées quand il est question de la survie de leur progéniture, en dehors de tout contexte pathologique dans la relation parent-enfant. Qui d’autre qu’un parent pouvait livrer une bataille corps et âme contre cette maladie?

Je me mettais immédiatement à effectuer des recherches, et dois bien admettre que lorsque l’on sait trier des informations de qualité sur internet, cela peut être salvateur.

                 J’ai glané de nombreux textes scientifiques dont un ouvrage majeur qui me permit rapidement de cerner l’anorexie mentale pré-pubère. Etant médecin moi même, mais pour les animaux, ayant moi même soutenu une thèse de doctorat, le jargon médical m’était parfaitement familier. Ceci m’a surement beaucoup aidée à entrer dans la lutte active et engagée aux côtés des médecins, pédopsychiatres, infirmiers et aide-soignants, du moins ceux qui m’ont laissé faire et m’impliquer. En effet, je me suis heurtée initialement à une équipe usant malheureusement de méthodes désuètes, séparant l’enfant de ses parents (avec restriction drastique des horaires de visite). Dans un deuxième temps d’hospitalisation, au sein d’une équipe spécialisée impliquant la famille de façon active dans les soins, la prise en charge fut beaucoup plus efficace sur le plan psychique. J’aurai l’occasion de revenir largement sur cet aspect avec un des livres du Dr Cook Darzens.

J’en reviens à ma première lecture m’ayant permis de comprendre l’anorexie mentale prépubère : Voici le lien vers cet ouvrage ; il s’agit d’une thèse de doctorat de Madame Béatrice Safrano-Adenet  intitulé : Anorexie mentale pré-pubère et familles : approches génétique et environnementale

https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-01062866/document

Cette thèse aidera ceux qui souhaitent obtenir des informations scientifiques circonstanciées sur cette forme particulièrement grave qu’est l’anorexie mentale pré-pubère (avec 250 références bibliographiques scientifiques). Je remercie chaleureusement le Dr Safrano-Adenet pour ce travail colossal contribuant à améliorer substantiellement la compréhension de l’anorexie mentale pré-pubère.

                  Je découvris, au travers de la bibliographie de cette thèse, le nom de trois éminents spécialistes français très pointus dans la compréhension et prise en charge de l’anorexie mentale :

-Le Professeur Philippe Jeammet : Philippe Jeammet est un pédopsychiatre, professeur des universités – praticien hospitalier (PU-PH) émérite de psychiatrie et psychanalyste français. Il est spécialiste de l’enfant et de l’adolescent, notamment des troubles du comportement chez les jeunes et auteur de nombreux ouvrages sur ce sujet.

-le Docteur Solange Cook -Darzens : docteur en psychologie, psychologue clinicienne et thérapeute familiale. Elle a été co-responsable du l’Unité des troubles du comportement alimentaire, service de psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent au CHU Robert Debré à Paris.

-le Docteur Marie France Le Heuzé, médecin psychiatre, CHU Robert Debré à Paris

J’aurai l’occasion de revenir très largement sur ces trois spécialistes dans d’autres articles de mon site.

——————————————————————————————————————————————————————————————————————————–

L’ANOREXIE MENTALE PRE PUBERE en RESUME :

Etiopathogénie

C’est une forme d’anorexie mentale qui interroge quant aux mécanismes qui conduisent de jeunes enfants à souffrir de troubles du comportement alimentaire en général très  marqués. Cette forme semble être en augmentation ces dernières années et affecte des enfants de plus en plus jeunes.

Cela implique de percer les mécanismes psychologiques et physiques qui sous-tendent cette maladie puisque la tranche d’âge concernée (pré pubère) n’est pas encore entrée dans la métamorphose physique et psychique de l’adolescence. Ainsi, il ne s’agit plus de considérer l’anorexie mentale comme une maladie typique de l’adolescence dans les sociétés occidentales modernes.

Dès lors, la recherche médicale se doit de continuer à explorer l’implication de facteurs génétiques, familiaux et environnementaux dans l’anorexie mentale.

Epidémiologie

Au niveau épidémiologique, environ 8 % des cas d’anorexie mentale débuteraient avant 10 ans. L’incidence  (nombre de nouveaux cas pendant une période donnée exprimée en X pour 100 000 personnes) globale pour les conduites alimentaires restrictives précoces (5-12 ans) est de 2.6  à 3 (selon les études) pour 100 000 personnes par an. Jusqu’à 61 % des patients hospitalisés (78 % du total)  présentaient des complications de malnutrition pouvant engager le pronostic vital (hypothermie, hypotension, bradycardie).

La prévalence (proportion d’individus de la population exprimée en pourcentage qui présentent cette maladie) des troubles du comportement alimentaire varie de 0.2 à 0.6 % selon les études (ayant atteint 10.5 % dans une étude aux états unis parue en 2004 sur 2279 filles de 10 à 14 ans).

L’anorexie mentale pré pubère est une forme très grave dans laquelle les taux de mortalité sont élevés, 5.1 % par décennie sur une étude à grande échelle regroupant elle même 36 études. Les complications somatiques représentent la principale cause de décès (54%), la deuxième cause de décès étant le suicide (20 à 27 %). Il s’agit du plus fort taux de mortalité de toutes les pathologies psychiatriques (5 à 10%).

Il faut noter une spécificité majeure sur le sex ratio de l’anorexie mentale prépubère avec 19 à 30 % des malades représentés par les garçons au lieu de 90 % de femmes dans la population générale des personnes souffrant d’anorexie mentale.

Clinique

Afin de porter le diagnostic, les médecins se réfèrent à divers critères, adaptés à l’enfant, de la classification du DSM -IV (manuel diagnostic des troubles mentaux)  :

-poids de 15 % inférieur à celui attendu avec refus de maintenir un poids au dessus du poids minimum pour l’âge et la taille

-peur de grossir, peur de prendre du poids

-dysmorphophobie (perception erronée de son poids, sa silhouette) et déni de maigreur.

Trois éléments remarquables sont à préciser, en comparaison avec l’anorexie mentale dans l’ensemble de la population affectée : il y a jusqu’à 30 % de garçons, la restriction hydrique est fréquente et il a souvent un état dépressif associé à l’anorexie mentale prépubère.

Une fois le diagnostic établi, les enfants nécessitent un suivi médical (=somatique afin d’ évaluer l’état corporel) ainsi qu’un suivi psychologique, psychiatrique et psycho affectif.

Sur le plan médical, il est important de noter les critères d’hospitalisation puisque cela concerne plus de la moitié des patients : refus de boire, aphagie totale, fréquence cardiaque basse (<40 battements par minute) ou parfois au contraire tachycardie, hypothermie, baisse de tension (<80/50 mmHg), syndrome occlusif, ralentissement verbal, confusion…

Sur le plan psychique, la restriction alimentaire, plus ou moins consciente, peut s’installer suite à certains évènements : déménagement, divorce, deuil, changement d’établissement, harcèlement scolaire, abus sexuels…

La forme restrictive pure est quasi exclusive et  la présentation clinique d’emblée sévère avec amaigrissement rapide, hyperactivité physique marquée, traits de perfectionnisme et rigidité sur le plan cognitif, les co-morbidités (=présence d’une autre affection) psychiatriques fréquentes.

Sur le plan développemental et environnemental, l’auteur explore plusieurs causes de développement de TCA et dégage ainsi :

*des  facteurs de risque internes (génétiques, période néonatale, facteurs de neuro-endocrinologie, facteurs de neurotransmission, tempérament et personnalité)

*des facteurs de risque externes (famille, structure, société et culture, facteurs psychosociaux)

*des facteurs précipitants (évènements familiaux, puberté…)

*des facteurs de maintien (modifications psychologiques et corporelles liées à la dénutrition).

———————————————————————————————————————————————————————————————————————-

A la lumière de ces données, j’ai tenté de déterminer les facteurs applicables à mon enfant puis d’évaluer sur quels facteurs je pouvais agir, notamment dans mon comportement et mon dialogue avec lui.

Concernant les facteurs de risque internes, mon fils avait un petit poids de naissance, à relier à un accouchement trois semaines en avance et peut être à mon diabète gestationnel qui a été géré uniquement avec des mesures diététiques sur les recommandations de l’endocrinologue (restrictions alimentaires qualitatives afin de limiter l’hyperglycémie) : ceci  aurait influencé l’épigénétique (expression des gènes en fonction de l’environnement y compris in utero), ce qui reste une supposition. Un argument concernant la méthylation est d’ailleurs exposé dans la thèse.

A l’âge de six mois, mon fils a catégoriquement refusé le biberon au moment du sevrage (un peu brutal et non souhaité) lié à la reprise de mon activité professionnelle : il hurlait à l’approche de la moindre tétine! Ceci représente un élément concernant le tempérament et la rigidité psychique de mon garçon,  qui n’était pas encore très formaté par la famille à cet âge là sur le plan alimentaire. Déjà à six mois, il n’acceptait donc comme source de lait infantile que les petits suisses premier âge sur les conseils du pédiatre. Puis, plus aucun trouble alimentaire clairement identifiable jusqu’à juillet 2017. Avec le recul actuel, le TCA s’est installé tout de même insidieusement, sur environ une année. Les facteurs de rigidité psychique (perfectionnisme et hypersensibilité) ainsi qu’une hyperactivité mentale et physique se confirmèrent par contre nettement dès l’âge de cinq ans. En l’absence de problème de santé, je n’y prêtai guère d’attention.

Parmi les facteurs de risque externes, la pratique de la gymnastique pendant 4 ans est à souligner, ainsi que du harcèlement scolaire sur le temps de la cantine durant l’année où les troubles se sont installés insidieusement (ayant pu faire le lit d’une dépression, clairement identifiée en juillet 2017).

Concernant les facteurs précipitants, j’ai pu identifier le deuil avec la perte de l’animal de compagnie et le fait d’avoir été présent lors du décès, ceci moins d’une semaine avant l’anorexie avérée. Cinq ans auparavant, le deuil de son grand père maternel suivi de ma dépression sévère ont vraisemblablement installé un questionnement douloureux au sujet de la mort, sans qu’il ne l’exprime ouvertement (et bien que j’ai tenté à plusieurs reprises d’expliquer les choses de façon adaptée à un enfant de 5 ans) : ainsi, l’expression des émotions et des sentiments pourrait avoir été refoulée plusieurs années.

Enfin, les facteurs de maintien ont été peu nombreux, car l’épisode d’anorexie très aigu a nécessité une hospitalisation au bout de trois semaines après le diagnostic.  Le papa et moi même avons très rapidement plongé dans la lecture d’ouvrages de qualité afin de comprendre ce qui nous apparaissait comme incompréhensible. Dans les facteurs de maintien, je dois citer tout de même, avant l’hospitalisation soit environ pendant 3 semaines, notre insistance pour qu’il s’alimente, ce qui est a été parfaitement contre productif, voire nocif dans notre cas (accentue l’anxiété et diminue l’estime de soi en augmentant la culpabilité) : il est fondamental que nous l’ayons compris. Ce point a été saisi après la lecture d’ouvrages ; il est dommageable que de telles pratiques soient observées en milieu hospitalier dans un cadre où les intervenants sont censés connaître la maladie, ceci est d’ailleurs mentionné par les spécialistes qui observent que certains sont focalisés sur le symptôme au lieu de s’attaquer aux causes. Encourager la prise alimentaire de façon bienveillante, mesurée et adaptée au patient est toutefois recommandé.

———————————————————————————————————————————————————————————————————————————

J’espère de tout cœur que mon témoignage aidera certains parents à clarifier la maladie de leur enfant et se rapprocher de leur équipe soignante si cela peut faire émerger des éléments importants. Dans un sens, ceci est applicable (par les parents, par les aidants, par les thérapeutes) même si l’enfant est maintenant adulte ; il s’agit de retracer les évènements majeurs de la vie qui ont pu contribuer à l’installation de la maladie, pour la comprendre et pour “revisiter” certains événements de façon plus positive :  en quelque sorte pour les digérer de nouveau afin de les assimiler et tenter de quitter cette prison qu’est la maladie anorexique. Enfin, grâce aux témoignages de malades, on sait maintenant que certains évènements (abus sexuels, maltraitance…) sont malheureusement refoulés dans le subconscient et ne sont pas directement accessibles pour le malade lui même : ces éléments peuvent remonter dans la conscience grâce à certaines thérapies (hypnose, EMDR : désensibilisation ou retraitement par les mouvements oculaires).

Si vous avez aimé cet article, je vous invite à le “liker” et le partager à l’aide des boutons de média sociaux.

Mon défi, mes objectifs

A l’instar de Martin Luther King, je fais un rêve : “I have a dream”, un rêve dont je veux qu’il devienne mon défi : le voici, sous forme d’objectifs :

-LA RECONNAISSANCE par  l’explication de la maladie pour une compréhension la plus fine possible (articles en cours de création). Je souhaite que l’anorexie soit mieux reconnue (tous sexes et tous âges confondus). Je souhaite qu’une majorité de personnes extérieures à la maladie  considère les malades avec respect et empathie (pour le moment j’ai le sentiment que c’est plutôt une minorité). L’anorexie semble plutôt  stigmatisée et incomprise le plus souvent.

– DIMINUTION DE L’INCIDENCE : je souhaite que l’incidence de cette maladie (en augmentation dans nos sociétés occidentales notamment) diminue en informant mieux l’ensemble de la population en amont, via des moyens de prévention

-AUGMENTATION DU POURCENTAGE DE GUERISON : je souhaite que le pourcentage de guérison complète de cette maladie progresse et je suis certaine que cela est possible en orientant la prise en charge thérapeutique de façon multimodale et en tenant compte des données récentes des neurosciences.

-SOUTENIR ET ENCOURAGER LA RECHERCHE MEDICALE: je souhaite que la recherche médicale se poursuive activement car la pathogénie ne semble pas complètement élucidée (rôle important de la flore intestinale notamment avec l’implication d’une protéine de stress).

-SOUTIEN AUX FAMILLES, AUX “AIDANTS” : je souhaite que les familles, et les autres aidants soient mieux accompagnés, afin d’aider leur proche malade le plus efficacement possible.

-CONTRIBUER A LA GUERISON D’INDIVIDUS MALADES : j’aimerais que ce site aide de nombreux malades à s’en sortir et à nouveau croquer leur vie à pleines dents !

-EMPECHER LES RECIDIVES de mon fils  et des autres malades : j’espère qu’avec la mise en forme de ce site, je serai mieux armée pour lutter contre les récidives de la maladie de mon fils et d’autres personnes ayant souffert d’anorexie.

 

Cela, je ne peux le faire seule et je veux croire que ce défi ne sera pas qu’un rêve. Je sais que la “formation” des proches du malade qui pourront ainsi soutenir plus efficacement leur proche joue un rôle déterminant dans l’efficacité de la prise en charge. Je l’ai vécu.

J’aurai besoin de vous pour relever ensemble ce défi, j’aurai besoin de témoignages de la part de malades, de familles, d’amis, du corps médical, relatant les difficultés rencontrées pour vaincre cette maladie. Ceux ci m’aideront à construire les articles les plus pertinents possibles et peut être apporter certaines réponses à mes lecteurs.

Envoyez moi vos commentaires et interrogations via le formulaire de contact.

A qui est destiné le site?

Ce site est destiné :

-aux individus de tout âge atteints de cette maladie, car l’anorexie, si on pense qu’elle sévit essentiellement à l’adolescence, touche des enfants jeunes, des adolescent(e)s, des adultes et des personnes plus âgées. Des liens vers des vidéos de témoignages seront insérés dans les prochains articles du site. Un grand merci à ceux qui ont témoigné.

-aux individus de tout sexe souffrant de cette maladie ; 95 % sont de sexe féminin, mais l’anorexie concerne aussi des hommes, des adolescents et des jeunes garçons avec des formes d’ailleurs parfois plus sévères. On peut lire un grand nombre d’ouvrages qui utilise le féminin en évoquant l’individu anorexique, les individus de sexe masculin peuvent alors se ressentir “marginaux” et non considérés par le corps médical.

-aux individus souffrant d’anorexie qui sont suivis médicalement et/ou psychologiquement ou pas ; s’ils ne le sont pas encore, ils peuvent être dans le déni et la communication avec les proches relativement difficile voire inexistante (un des grands risques de cette maladie est l’enfermement, l’isolement) ; une interface avec un écran peut être utile en ce sens qu’ils ne se sentent pas jugés, observés comme des bêtes curieuses, car le regard des autres les salit, les culpabilise (ceci varie selon les ressentis), les isole.

-aux familles : parents, frères, sœurs, grands parents (…) qui se sentent parfois extrêmement démunis, coupables et n’obtiennent pas forcément d’aide extérieure ni de conseils sur l’attitude à adopter

-aux autres aidants : ami(e) de la personne qui souffre d’anorexie.

-aux thérapeutes de nombreuses disciplines : médecins, psychiatres, pédopsychiatres, psychologues, neuropsychologues, aide soignant(e)s, infirmier(e)s car ce site se veut collaboratif, un site de partage et de dialogue, un site d’entraide et le corps médical peut apprendre beaucoup de choses sur la maladie grâce aux témoignages des malades et des familles : en effet, on dit parfois que cette maladie est une “maladie des émotions” : or un patient anorexique ne va pas toujours exprimer ses émotions profondes devant un intervenant du corps médical.

On n’a jamais fini d’apprendre des autres, ni de les comprendre : en ce sens, bien qu’en position de “sachant” lorsque l’on appartient au corps médical, l’humilité reste une qualité incontournable pour tout bon thérapeute.

 

 

Pourquoi un site nommé “desanorexie”?

Ce site a pour objectif le partage de conseils, connaissances et encouragements pour combattre le plus efficacement possible puis espérer vaincre l’anorexie, maladie psychosomatique grave, appelée communément “anorexie mentale”.

“Desanorexie” peut se comprendre de plusieurs manières :

“dés-anorexie”, avec le préfixe indiquant de quitter l’état d’anorexie, de vaincre la maladie anorexique ; si seulement cela pouvait être aussi simple que de cliquer sur désabonnement…

“des anorexies” car il existe de nombreuses formes d’anorexie, à des années lumière du cliché triptyque désuet : femme, adolescente, mannequin.

 

Pourquoi faire me direz vous? Sachant qu’il existe déjà de nombreux sites sur cette maladie.

Chacun apporte sa pierre à l’édifice et si mon témoignage peut aider des malades et des familles de malades, j’en serais heureuse. Je ne peux être que reconnaissante vis à vis des personnes qui ont pris du temps pour témoigner, expliquer, argumenter, débattre sur ce sujet.

Je suis la maman d’un jeune garçon de dix ans qui, à l’âge de neuf ans, a souffert d’anorexie mentale, sous une forme sub-aiguë (l’anorexie mentale prépubère masculine)  ; il a été hospitalisé trois mois, a eu une sonde d’alimentation, et son pronostic vital a été sérieusement engagé.

Certains médecins prédisaient 1 à 2 ans d’hospitalisation complète, un autre évoquait même un pronostic sombre. Quatre mois après sa sortie de l’hôpital, mon petit garçon est plein de vie et personne en le voyant ne peut imaginer qu’il a subi cette maladie sous une forme très grave.

Avec  de bons soins médicaux-psychologiques, beaucoup d’amour, de psychologie au sein de la famille et de pugnacité de la part de l’entourage, il est la preuve qu’il est possible de s’en sortir malgré des moments de profond désespoir. La règle d’or : ne jamais baisser les bras, ne jamais abandonner. J’espère que cet état de guérison sera définitif ; l’avenir nous le dira.

 

 

J’aurais voulu tourner la page, passer à autre chose et oublier tous ces moments d’intense douleur. Mais, je ne peux oublier les autres, ceux que croisés ou pas, celles et ceux qui restent, qui souffrent toujours de cette terrible maladie mais aussi leurs proches qui souffrent presque autant, tant ce que je pense être un symptôme seulement, défie l’entendement et les lois naturelles du règne animal, auquel l’homme appartient.

Je ressens qu’il est de mon devoir de témoigner sur le parcours de mon fils, celui de notre famille, de ses amis, tous les proches et “aidants” qui sont dans l’incompréhension à l’annonce du diagnostic.

Depuis peu maintenant, j’ai le sentiment d’avoir saisi beaucoup de choses concernant l’anorexie mentale et souhaite partager des notions importantes avec l’espoir d’aider les malades et leurs proches à sortir de cet enfer.